Tevoul Yom, chapitre 3, michna 6. Le fil conducteur de ce chapitre est la question du 'hibbour, la connexion : lorsqu'un tevoul yom touche un seul point d'un aliment, considérons-nous cet aliment comme une unité liée, de sorte que l'ensemble devienne passoul, ou bien le traitons-nous comme des morceaux distincts, de sorte que seul l'endroit précis qu'il a touché soit atteint ? Notre michna applique cette question à un plat cuisiné.
Voici le cas : « Yaraq chel 'houline chebichlo bechémen chel terouma », un légume appartenant à des 'houline qui a été cuit dans de l'huile de terouma. Le produit lui-même est un aliment ordinaire, non consacré ; tout le statut de terouma que possède ce plat vient uniquement de l'huile, qui a pénétré dans le légume et qui adhère à sa surface. Et maintenant, « vénaga bo tevoul yom » : quelqu'un qui s'est immergé aujourd'hui et qui attend encore le coucher du soleil pose sa main sur ce plat, en un endroit précis.
Deux traditions sont rapportées à propos de ce cas. La première est transmise par Rabbi Elazar ben Yehouda de Bartota, qui rapporte ce qu'il a reçu « michoum Rabbi Yehochoua », un enseignement qu'il a entendu de Rabbi Yehochoua : « passal ét koulah », le plat est invalidé dans sa totalité. Le raisonnement : l'huile et le légume forment ensemble une seule masse liée, si bien que le contact avec n'importe quelle partie équivaut à un contact avec le tout.
« Rabbi Akiva omér michmo : lo passal éla meqom maga'o. » Rabbi Akiva cite ce même Rabbi Yehochoua dans le sens inverse : seul l'endroit du contact est devenu passoul. Selon sa compréhension, il ne s'agit pas ici d'un plat unifié, mais d'une quantité de légumes individuels posés les uns à côté des autres ; par conséquent, le tevoul yom n'a rien disqualifié au-delà de l'endroit que sa main a effectivement atteint.
Ainsi la michna conserve deux versions de la décision de Rabbi Yehochoua au sujet d'un légume de 'houline cuit dans de l'huile de terouma, et toute la divergence repose sur un seul point : l'huile lie-t-elle le plat en un seul aliment, ou bien les morceaux restent-ils halakhiquement séparés les uns des autres ?