Tamid, chapitre 5, michna 5. Notre chapitre suit les kohanim tout au long de leur matinée : le Chema et les berakhot, puis les tirages au sort qui répartissent les différentes parties de l'avoda. Nous arrivons maintenant au service de la ketoret, et d'abord à l'acte qui doit le précéder : aller chercher des braises ardentes sur le mizbeah extérieur et les apporter à l'intérieur, sur le mizbeah d'or qui se trouvait dans le heikhal, car c'est là que l'encens devait être déposé sur elles.
Cette tâche précise ne faisait l'objet d'aucun tirage au sort. Le kohen qui avait gagné le tirage de la ketoret elle-même choisissait un confrère kohen qui se tenait auprès de lui et l'invitait à partager ce zekhout : porter à l'intérieur les braises destinées à l'encens qu'il allait offrir.
Puiser les braises
La michna commence : « Mi chezakha bamahta », le kohen dont le sort avait désigné la pelle à braises. « Natal mahtat hakessef ve'ala leroch hamizbeah » : une pelle d'argent attendait à côté du mizbeah extérieur ; il la prit, monta la rampe et parvint au sommet, où un foyer de braises avait été disposé expressément en vue de la ketoret.
« Oupina et hagehalim heilakh vehelakh vehata. » Avec la pelle, il écartait les braises du dessus, certaines d'un côté, certaines de l'autre, puis puisait dans celles qui gisaient en dessous, les braises recouvertes, celles qui gardaient la chaleur la plus intense. C'étaient précisément celles-là qui convenaient à la ketoret.
De l'argent à l'or
« Yarad ve'eiran letokh chel zahav. » Il redescendait la rampe et, debout sur le pavement de l'azara, il vidait la pelle d'argent en basculant les braises dans une seconde pelle, celle-ci faite d'or.
Pourquoi faut-il deux pelles ? L'or que l'on porte à l'intérieur du heikhal confère plus de splendeur au service qui s'y accomplit. Pourtant la Torah n'a pas exigé que le puisage lui-même se fasse avec de l'or, car l'or est le métal le plus tendre et le feu l'aurait rongé et fondu. Hachem témoigne de l'égard pour la richesse du Mikdach, acquise avec l'argent de son trésor, et ne veut pas que ses ustensiles soient détruits et remplacés sans raison. C'est donc l'argent, plus résistant, qui sert à puiser, et la pelle d'or qui porte les braises à l'intérieur.
Les braises qui se répandaient
« Nitpazer mimenou kekav gehalim. » Comme le récipient d'or avait la contenance la plus petite, le transfert le laissait rempli à ras bord et débordant. Ce débordement était voulu et convenable, exactement comme pour la mesure de la ketoret elle-même : servir Hachem avec générosité, au-delà du strict nécessaire, est le plus grand honneur. Mais inévitablement, une quantité de braises de l'ordre d'un kav tombait à terre, sur le sol de l'azara.
« Vehaya mekhabdan la'ama. » Un kohen balayait les braises tombées dans l'ama, le canal d'eau qui traversait l'azara, où elles s'éteignaient, afin que les kohanim, qui servaient pieds nus, ne se brûlent pas les pieds.
« Ouvechabbat haya kofé aleihen pesakhter. » Le Chabbat, jour où l'on ne peut pas éteindre les braises dans l'eau, le kohen retournait au-dessus d'elles un grand récipient appelé pesakhter, pour que personne ne soit blessé.
Le pesakhter
Ce même récipient servait ailleurs dans l'avoda. Plus tôt dans la massekhet, nous avons appris qu'un grand monticule de cendres s'accumulait au centre du mizbeah ; lorsqu'il devenait trop volumineux, il fallait en évacuer une partie. On remplissait le pesakhter de ces cendres et on le faisait descendre, et en raison de son poids la tâche exigeait deux kohanim.
« Oufsakhter hayta keli gadol mahzeket letekh. » Le pesakhter était un récipient énorme, d'une contenance d'un letekh, soit quinze séa, ce qui représente pour nous plus de cent quatre-vingt-dix litres.
« Ouchtei charcherot hayou ba. » Deux chaînes y étaient fixées. « Ahat chehou mochekh ba veyored » : la chaîne de devant offrait une prise au kohen qui tirait le récipient tout au long de la descente de la rampe du mizbeah extérieur. « Ve'ahat chehou ohez ba milmalan bichvil chelo titgalguel » : la seconde était tenue par le haut par un autre kohen, qui maintenait la charge stable pour qu'elle ne se mette pas à rouler et ne se renverse pas pendant la descente.
Trois usages
« Ouchlocha devarim hayta mechamechet. » La michna conclut en énumérant les trois usages auxquels servait le pesakhter :
- « Kofin ota al gabei gehalim » : le Chabbat, on le retournait sur les braises qui s'étaient répandues de la pelle d'or, puisqu'on ne pouvait pas y verser d'eau, et ainsi aucun pied nu de kohen n'était brûlé.
- « Ve'al hachéretz beChabbat » : on le posait sur le cadavre d'un chéretz découvert dans l'azara le Chabbat. Tout autre jour, une telle chose est sortie immédiatement de la cour, mais le Chabbat elle est mouktsé et ne peut pas être déplacée ; en la recouvrant jusqu'à la tombée de la nuit, on épargnait aux kohanim tout contact avec elle et toute touma.
- « Oumoridin ba et hadechen me'al gabei hamizbeah » : il servait à faire descendre les cendres du monticule qui se dressait au sommet du mizbeah, de la manière décrite plus haut.