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Tamid, chapitre 5, Michna 2 : les deux derniers tirages au sort du matin

Tamid, chapitre 5, Michna 2. Notre chapitre a suivi les kohanim jusque dans la Lichkat Haguazit, où la tefila du matin était récitée, et il en vient maintenant aux deux derniers tirages au sort du service matinal, qui y étaient effectués une fois la tefila achevée.

« 'Hadachim laketoret »

Le kohen chargé de superviser l'avoda à ce moment se levait et proclamait : « 'Hadachim laketoret, bo'ou vehafissou », c'est-à-dire : que tout kohen qui n'a pas encore accompli le ketoret s'avance et participe au tirage. L'accès était limité : seul un kohen qui n'avait jamais accompli cette avoda précise pouvait prendre part au tirage.

Pourquoi restreindre ainsi le cercle des candidats ? Parce que la Torah rattache une bénédiction particulière à celui qui offre le ketoret : il devient riche, il reçoit une aide pour sa parnassa. Le passouk mentionne le ketoret, « Yassimou ketora be'apekha », qu'ils placent l'encens devant Toi, et aussitôt après la Torah dit « Barekh Hachem 'heilo », que Hachem bénisse ses biens. Ce voisinage nous enseigne que celui qui apporte le ketoret est béni par la richesse. Puisqu'il en est ainsi, on cherchait à répartir cette occasion entre le plus grand nombre de kohanim possible. Un kohen qui avait déjà offert le ketoret une fois ne revenait pas pour un second tour, et tout kohen qui n'en avait jamais eu l'occasion était convié au tirage.

La michna rapporte le résultat : « Hifissou, zakha mi chezakha ». On tira au sort, et le kohen sur qui le sort tomba en fut jugé digne. C'était lui qui apporterait le ketoret ce matin-là.

« 'Hadachim im yechanim »

Une seconde proclamation suivait, du même kohen : « 'Hadachim im yechanim, bo'ou vehafissou », les nouveaux avec les anciens, avancez pour le tirage. Pour ce tirage-ci, les vétérans, les kohanim qui avaient déjà accompli cette avoda en d'autres occasions, se joignaient aux nouveaux venus.

Pourquoi fallait-il l'annoncer expressément ? Parce qu'on venait justement de demander aux kohanim expérimentés de s'écarter pour le tirage du ketoret. S'étant mis de côté, ils auraient pu croire qu'ils étaient également exclus de la suite ; l'annonce leur signifiait donc clairement que ce tirage suivant était ouvert à tous.

À quoi servait ce tirage ? La michna dit « Mi ma'alé evarim », quel kohen ferait monter les membres, « min hakevech lamizbéa'h », de la rampe sur l'autel. Rappelons-nous la description du tamid donnée plus haut : les kohanim qui portaient les morceaux de l'animal n'avançaient que jusqu'au milieu de la rampe, et c'est là que les morceaux étaient salés puis déposés. Ce tirage désignait le kohen qui les reprendrait à ce point médian pour leur faire faire le reste du chemin, jusqu'à la surface du mizbéa'h.

L'opinion de Rabbi Eliézer ben Yaakov

Rabbi Eliézer ben Yaakov est d'un autre avis. Selon lui, « Hama'alé evarim lakevech », le kohen qui avait porté les morceaux jusqu'à la rampe, « hou ma'alé otan », c'est lui-même qui continue avec eux, « al gabei hamizbéa'h », jusque sur l'autel. D'après sa compréhension, aucun tirage distinct n'était nécessaire pour attribuer cette étape.

Selon Rabbi Eliézer ben Yaakov, le dernier tirage du matin avait donc une autre fonction : il déterminait quel kohen prendrait les braises du mizbéa'h extérieur pour les porter dans le heikhal, en vue de l'offrande du ketoret sur l'autel intérieur.