Tamid, chapitre 1, michna 2. Chaque journée de service au Beth Hamikdach s'ouvrait par la terouma hadéchen : l'un des kohanim prélevait une mesure des cendres qui se trouvaient au sommet du mizbéah et les déposait sur le dallage de la azara, le parvis du Temple. Notre michna décrit la manière dont ce kohen était choisi, ainsi que la préparation qui lui donnait droit à ce privilège.
D'après la michna, un kohen qui souhaitait être candidat au prélèvement des cendres se levait bien avant l'aube, descendait s'immerger, et seulement ensuite revêtait les bigdé kehouna, les vêtements sacerdotaux.
Pourquoi cette immersion ? Parce que nul n'avait le droit d'entrer dans la azara sans être passé auparavant au mikvé. Même un kohen déjà tahor devait s'immerger avant d'entrer. Ainsi, un kohen qui espérait mériter la terouma hadéchen commençait sa journée au mikvé, puis s'habillait et attendait.
Tout cela devait être accompli, selon les mots de la michna, "ad chelo yavo hamemounè", avant que le memounè n'arrive. Il fallait qu'il soit immergé et habillé bien avant que le memounè ne se présente au Beth Hamoked, la Salle du Foyer décrite dans la michna précédente.
Qui est le memounè ?
Memounè, celui qui est nommé, est un autre titre du segan kohen gadol, l'adjoint qui servait de second au kohen gadol. Il supervisait de très nombreux domaines au Beth Hamikdach, et notamment celui-ci : c'était lui qui venait désigner le kohen chargé d'accomplir la terouma hadéchen.
Quand arrivait-il ? Aucune heure n'était fixée. Parfois il venait à kriat haguever, le chant du coq près du lever du jour, parfois un peu avant et parfois un peu après. Comme personne ne pouvait le savoir à l'avance, un kohen qui tenait à ce service veillait à être réveillé, immergé et habillé le plus tôt possible.
Le coup frappé à la porte et le tirage au sort
Le segan arrivait et frappait à la porte du Beth Hamoked. Les kohanim lui ouvraient de l'intérieur, il entrait et annonçait que celui qui s'était déjà immergé devait s'avancer et participer au tirage au sort qui déterminerait qui accomplirait la terouma hadéchen. Tout cela se déroulait dans la Salle du Foyer.
Comment se déroulait un tel tirage ? Pour différentes parties de la avoda, les kohanim procédaient à un payis. Les kohanim se tenaient en cercle autour du kohen qui dirigeait, chacun tendait un doigt, et un nombre était annoncé. Celui-ci commençait alors à compter à partir de l'un d'eux, en faisant le tour du cercle, jusqu'à atteindre ce nombre. C'était, en somme, la version du Beth Hamikdach d'une comptine de désignation jouée avec les doigts. Le kohen sur lequel tombait le compte était celui qui était choisi pour le service.
La michna conclut donc : "héfissou", ils tirèrent au sort, et le kohen qui l'emportait allait accomplir la terouma hadéchen.