Tamid, chapitre 3, michna 1. Le chapitre précédent nous avait laissés près du mizbéah, les cendres enlevées et le bois disposé. Les kohanim reviennent à présent à la Lichkat HaGazit, où se tient un second tour de désignations, cette fois pour les services centraux du matin. D'autres kohanim sont appelés à prendre en charge le reste de l'avoda.
La michna s'ouvre sur le kohen responsable qui s'adresse aux kohanim rassemblés : « amar lahem hamemounè », l'officier désigné leur dit, « bo'ou vehafissou », avancez et tirez au sort. Cinq avodot distinctes entraient dans ce tirage.
Les cinq fonctions
« Mi choh'et » : qui égorgera le korban tamid ? Le tamid était offert deux fois par jour, tout au début de la matinée comme premier korban de la journée, et à la fin de l'après-midi comme korban de clôture. Techniquement, la ché'hita n'exige pas du tout un kohen ; même un israël était apte à l'accomplir. Malgré cela, l'usage était de garder cette avoda, si l'on peut dire, dans la famille, et de la confier aux kohanim. On aurait pu penser qu'une tâche permise à un si grand nombre n'avait nul besoin d'un tirage au sort. Mais justement parce qu'il s'agissait du premier acte du service quotidien, les 'Hah'amim et les kohanim craignaient qu'une compétition n'éclate à son sujet. Pour éviter les disputes, ils l'ont incluse elle aussi dans le tirage.
« Mi zorek » : qui aspergera le sang sur les parois du mizbéah extérieur ? Après la ché'hita, le sang était recueilli dans un récipient puis jeté sur les coins désignés du mizbéah. C'est la deuxième étape du korban.
« Mi medachen mizbéah hapenimi » : qui nettoiera le mizbéah intérieur ? À l'intérieur du Hé'hal, le mizbéah d'or portait encore les braises et les cendres de la ketoret de la veille, et il fallait les retirer.
Un point éclairant ici au sujet de la ketoret elle-même : l'usage général était de confier la ketoret à un kohen qui ne l'avait encore jamais offerte. Les 'Hah'amim enseignent qu'offrir la ketoret peut apporter la richesse, aussi ce privilège était-il réparti et donné à chaque fois à quelqu'un de nouveau. Ce n'est que lorsque chaque kohen de ce michmar avait déjà mérité d'offrir la ketoret une fois dans sa vie que l'on recourait à un tirage au sort pour l'attribuer.
« Mi medachen et hamenora » : qui nettoiera la menora ? Ce kohen retirait l'huile restée dans les coupes, enlevait les vieilles mèches et évacuait les cendres. C'est ce même kohen qui, plus tard, allumerait la menora.
« Mi ma'alè evarim lakevech » : qui montera les morceaux du tamid sur la rampe qui menait au mizbéah extérieur ? Aucun kohen ne portait cela seul. Neuf kohanim se partageaient le travail, et le memounè précisait exactement quelle part chacun d'eux transporterait.
Les neuf charges
- « Haroch veharegel » : le premier kohen prenait la tête avec la patte arrière droite.
- « Ouchtei hayadayim » : le deuxième prenait les deux pattes avant.
- « Ha'oketz veharegel » : le troisième prenait la queue avec la patte arrière gauche.
- « Hé'hazè vehaguéra » : le quatrième prenait la graisse de la poitrine, et avec elle le cou.
- « Ouchtei defanot » : le cinquième prenait les deux flancs de l'animal.
- « Hakeravayim » : le sixième prenait les organes internes.
- « Vehasolet » : le septième apportait la solet, la fine farine de blé qui accompagnait ce korban. Mélangée à l'huile, elle constitue le korban min'ha, et elle était consumée sur le feu avec le tamid.
- « Veha'havitim » : le huitième apportait les 'havitim, les galettes du Kohen Gadol, dont l'offrande coïncidait avec celle du tamid.
- « Vehayayin » : le neuvième apportait le vin qui accompagnait le tamid, versé dans l'orifice d'écoulement situé à l'angle sud-ouest du mizbéah.
« Hefissou, zah'a mi chezah'a »
La michna conclut en nous disant qu'une fois que le memounè avait fini d'énoncer la liste, le sort était tiré, et celui qui l'a mérité l'a mérité. Attention à bien saisir le mécanisme. Ces fonctions n'étaient pas tirées au sort une par une. Un seul kohen sortait gagnant, et ce qu'il obtenait était la zeh'out de la zerikat hadam, l'aspersion du sang. Certes, la michna mentionne la ché'hita avant elle, en suivant l'ordre du service ; il n'empêche que l'aspersion du sang était considérée comme la plus 'hachouva des deux avodot, et elle revenait donc à celui dont le sort était sorti.
Les autres attributions rayonnaient ensuite à partir de lui : les douze kohanim placés à sa droite recevaient les avodot restantes, exactement selon l'ordre que donne la michna. Faites le compte et vous arrivez à treize tâches au total : recueillir le sang dans le récipient et l'asperger, égorger l'animal, nettoyer le mizbéah intérieur, entretenir la menora, et les neuf kohanim qui montaient les morceaux du tamid sur la rampe.