Taharos, chapitre 4, michna 13. Cette michna clôt le quatrième chapitre, entièrement consacré à des listes de sfeikos : d'abord les cas de doute où l'on tranche avec rigueur en déclarant la toum'ah, puis une longue liste de cas de doute où l'on tranche avec indulgence. Le dernier élément de la liste indulgente est le safek korbanos : un doute quant à savoir si une personne doit réellement un korban.
La michna expose son cas : "ha'ichah cheyèch aleha safek 'hamèch lèdos ou'safek 'hamèch zivos". Une femme se retrouve avec cinq accouchements douteux, ou cinq cas douteux de zivah.
Les deux doutes
Qu'est-ce qu'un accouchement douteux ? Une femme qui a fait une fausse couche, sans qu'il soit clair si cette fausse couche était du type qui l'oblige à un korban ou non. Les détails de ces cas sont développés longuement dans Massèches Kerisos.
Et qu'est-ce qu'une zivah douteuse ? Ceux qui ont étudié Massèches Niddah savent que la halachah distingue entre le statut de niddah et celui de zavah, quelle que soit notre pratique aujourd'hui. Ici, cinq mois se sont écoulés, et lors de chacun d'eux cette femme a eu un saignement pendant trois jours consécutifs, sans qu'il soit clair si le saignement tombait durant ses jours de niddah ou durant ses jours de zivah. Je le formule volontairement en termes larges, car tout ce domaine est un maquis de machlokos parmi les Richonim. Le résultat est qu'elle est peut-être une zavah, qui devrait un korban, ou peut-être une simple niddah, dont le statut n'entraîne aucune obligation de korban. Dans les deux cas, la conclusion est un doute véritable quant à savoir si elle doit ces korbanos.
Un seul korban pour les cinq
La décision : "mevi'ah korban é'had", elle apporte un seul korban. Remarquez qu'il s'agit de cinq occasions distinctes lors desquelles elle a rencontré le même doute, l'une après l'autre, et malgré cela on lui dit d'apporter un seul korban et de le laisser couvrir les cinq situations. "Ve'ochèles bizva'him" : dès que ce korban a été apporté, elle peut manger des korbanos, puisqu'elle est désormais considérée comme dégagée et tehorah. "Ve'ein hache'ar aleha 'hovah" : les quatre restants ne constituent pas une obligation pour elle.
Pourquoi les autres ne sont pas simplement facultatifs
Et il ne s'agit pas seulement de ne pas les exiger. On ne les permet pas non plus. Le Bartenoura explique pourquoi. Le chatas qu'elle apporte est un korban d'oiseau, abattu par melikah, en pinçant la nuque avec l'ongle. Si en réalité elle ne doit pas ce korban, l'oiseau est du pur 'houlin, et pratiquer la melikah sur du 'houlin pour le mizbé'ach est interdit ; cela ne peut être fait que pour une obligation de korban véritable.
C'est pourquoi bekouchi hitirou : ce n'est qu'avec difficulté que les Sages ont permis même la melikah de ce seul chatas, et ils ne l'ont permise que pour qu'elle puisse manger des zeva'him. Dès que cette unique offrande a atteint ce but, il n'y a plus de raison de prendre à nouveau ce risque avec les quatre autres. Elle en apporte donc un, et pas davantage.
Ad kan le quatrième chapitre. Merci de l'avoir parcouru ensemble.