Taharos, chapitre 5, michna 8. Notre chapitre traite des cas de toumah douteuse, et cette michna se demande comment la présence de certaines personnes dans une ville affecte tout ce qui se trouve par terre dans ses rues, et comment un homme doit réagir lorsqu'il croise une femme dont il ignore le statut.
La michna commence ainsi : "Chotah a'has ba'ir, o no'hris, o 'Houssis, kol haroukin cheba'ir temei'in." S'il y a dans la ville une seule femme démente, ou une femme non juive, ou une 'Houtis, alors toute salive trouvée dans cette ville est temei.
Pourquoi ces trois cas ? Une chotah, une femme qui n'a pas toutes ses facultés, n'est pas jugée fiable pour suivre son cycle de niddah ni pour s'en occuper comme il faut : on la présume donc niddah. Remarquons que la chotah de la michna est spécifiquement une femme. En revanche, les non-Juifs et les 'Houtim, hommes comme femmes, ont reçu d'office le statut de zavim par décret rabbinique. Il suffit qu'une seule de ces personnes habite la ville pour rendre suspecte chaque trace de salive qui s'y trouve, car nous devons craindre qu'elle vienne de cette personne.
Un mot sur les 'Houtim : il s'agit des Samaritains, cette population installée dans le nord d'Eretz Yisraël. Ils ont accepté le judaïsme par peur des lions qui les attaquaient, et les 'Ha'hamim n'ont jamais tranché de façon définitive si une telle conversion pouvait être considérée comme valide. Ils occupaient de ce fait une catégorie intermédiaire étrange, traités comme des Juifs pour certaines choses et comme des non-Juifs pour d'autres. Pour notre halachah, ils sont rangés avec les non-Juifs.
Une remarque sur la situation elle-même : l'idée n'est pas que ces personnes cracheraient plus que les autres. C'est plutôt qu'à cette époque, on rencontrait apparemment assez souvent de la salive sur le sol d'une voie publique pour que trancher sur sa pureté soit une véritable préoccupation quotidienne.
La michna poursuit avec un second cas : "Mi chedarsah ichah al begadav, o cheyachvah imo bisefinah." Une femme a marché sur les vêtements d'un homme, ou bien elle s'est assise à côté de lui dans une barque. Ce sont exactement les types de contact qui transmettraient la toumah de midras si elle était niddah. C'est une femme qu'il ne connaît pas, il ne lui a rien demandé, et il doit maintenant décider si lui et ses vêtements sont temei.
La réponse de la michna dépend de la question de savoir si elle, de son côté, savait qui il était. "Im makirah oso chehou o'hel biteroumah, kelav tehorin." Si elle le reconnaît comme quelqu'un qui mange de la teroumah, c'est-à-dire qu'il est le kohen connu de la ville, ses vêtements restent tehorim. Nous pouvons supposer qu'une femme qui sait qui il est n'aurait pas marché sur ses vêtements ni ne se serait assise près de lui dans une barque si elle avait été niddah : elle aurait eu la délicatesse de se tenir à distance.
"Ve'im lav, yich'alennah." Mais si elle ne le connaît pas et n'a aucune raison de l'identifier comme quelqu'un qui mange de la teroumah, une telle supposition n'est pas possible. Il ne peut pas se reposer sur la prudence générale des inconnus, et il doit aller lui demander directement quel est son statut. Et, comme pour tout ce qui touche à ce genre de sujet, qu'il pose la question de la manière la plus délicate et la plus respectueuse possible.