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Taharos, chapitre 4, michna 8 : la toum'a qui flotte sur l'eau

Taharos, chapitre 4, michna 8. Notre chapitre traite des cas de safek, de doute, en matière de toum'a et de tahara. Les 'hachamim ont dressé des listes : une série de cas douteux qu'ils ont déclarés tamé, et une autre série de cas douteux qu'ils ont déclarés tahor. Notre michna appartient au second groupe, celui des doutes que l'on déclare purs, et elle expose un cas précis tiré de cette liste.

Le cas est celui de "safek toum'a tsafa al pené hamayim", un doute portant sur une source de toum'a qui flotte à la surface de l'eau. Imaginez que vous regardiez dans une flaque ou dans un récipient rempli d'eau et que vous y aperceviez un insecte qui flotte, l'une de ces bestioles rampantes qui transmettent la toum'a. Vous ne savez pas avec certitude si elle s'y trouvait vraiment, ni si elle est entrée en contact avec vous ou avec l'objet dont il est question. Voilà le doute dont notre michna s'occupe.

Le Tanna Kamma tranche que ce doute est tahor, et il ajoute : "bén bekélim bén bekarka", que l'eau se trouve dans un keli, comme une cruche, ou qu'il s'agisse d'eau amassée dans le sol, une flaque. Dans l'un et l'autre cas, le doute est résolu avec indulgence.

"Rabbi Chimon omer : bekélim tamé, ouvakarka tahor." Rabbi Chimon restreint la règle. Il n'est pas prêt à être indulgent lorsque l'eau se trouve dans un keli, car un keli est un espace clos et fixe, et dans un lieu aussi exigu on ne peut pas supposer que la toum'a flottante soit restée à l'écart de ce qui s'y trouve. Dans de l'eau posée sur le sol, en revanche, la toum'a avait de la place dans toutes les directions pour dériver au loin, et là le doute est jugé tahor.

Rabbi Yehouda propose un critère tout à fait différent. Ses mots sont "safek yeridato tamé", puis "ousafek aliyato tahor" : tout dépend de savoir si l'homme descendait dans l'eau ou s'il en sortait. Imaginez quelqu'un qui s'immerge dans un mikvé. Si le doute est survenu alors qu'il descendait encore, il est tamé, car un corps qui entre dans l'eau entraîne l'eau et tout ce qui y flotte vers l'intérieur, vers lui-même, et l'on estime donc que la toum'a flottante a été attirée et est entrée en contact avec lui. Si le doute est survenu alors qu'il remontait, il est tahor, car un corps qui sort de l'eau repousse l'eau vers l'extérieur, loin de lui, et tout ce qui flotte est emporté dans cette même direction plutôt que rapproché. Le courant travaillant contre le contact, un tel doute se tranche en faveur de la pureté.

Rabbi Yossé va plus loin que tous. Même une quantité d'eau si réduite qu'elle ne contient, selon l'expression de la michna, que "melo adam vetoum'a", exactement la place occupée par l'homme lui-même et par la source de toum'a, sans une goutte de plus, il la déclare encore tahor. Le mot qu'il emploie est "afilou", même : même dans ces conditions, à condition de rester dans le cadre posé par Rabbi Yehouda. Aux yeux de Rabbi Yossé, l'exiguïté à elle seule n'est pas une raison de conclure que le contact a nécessairement eu lieu.

Telle est la halakha de la toum'a qui flotte : un doute survenu dans l'eau, que le Tanna Kamma traite avec indulgence où que se trouve cette eau, et que Rabbi Chimon, Rabbi Yehouda et Rabbi Yossé affinent chacun selon sa propre approche.