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Taharos, chapitre 1, michnah 7 : des pâtons qui se collent l'un à l'autre

Taharos, chapitre 1, michnah 7. Notre michnah aborde un cas que reconnaîtra aussitôt quiconque a déjà travaillé la pâte. La pâte colle. Posez deux pâtons côte à côte et ils adhèrent, sans pour autant devenir une seule masse : séparez-les et chacun redevient un pâton distinct, avec sa propre identité. Cet état intermédiaire soulève une véritable question dans les lois de toumah et de taharah. Lorsque l'un des pâtons contracte la toumah, qu'advient-il de ses voisins collés à lui ? Et qu'advient-il d'eux une fois qu'on les a détachés ?

Le texte s'ouvre sur deux images parallèles. D'abord "Mikratsos nochkhos zo bazo", des pâtons qui se mordent l'un l'autre, puis, dans le même souffle, "vechikarim nochkhim ze baze", des pains entiers qui font exactement la même chose. Le tableau est celui de morceaux distincts pressés contre leurs voisins jusqu'à ce qu'ils adhèrent au point de contact.

La toumah provenant d'un chérets

Premier cas : "Nitmeis achas mehen bechérets". L'un des pâtons de l'ensemble est entré en contact avec un chérets et a ainsi contracté la toumah. La règle est "koulan techilah" : tout le groupe prend le statut de richon.

Pour suivre ce raisonnement, gardons en tête l'échelle de la toumah. Un chérets est un av hatoumah, ce qu'on pourrait appeler le niveau zéro, la source elle-même. Tout ce que le chérets touche devient richon. Ce richon peut à son tour transmettre la toumah et rendre quelque chose chéni. Un chéni peut aller un cran plus loin et rendre la teroumah chlichi, et dans le cas du kodech la chaîne se prolonge encore d'un échelon jusqu'au révii.

On aurait pu imaginer que nos pâtons collés fonctionnent comme une rangée de dominos qui tombent : le pâton touché par le chérets devient richon, celui qui y est collé devient chéni, le suivant chlichi, et ainsi de suite jusqu'au bout de la file. La michnah nous enseigne le contraire. Parce qu'ils sont attachés, ils sont traités comme une seule unité qui reçoit la toumah du chérets, de sorte que chacun d'eux est richon.

"Parchou, koulan techilah" : et s'ils sont ensuite séparés les uns des autres, chacun demeure richon. Le statut acquis alors qu'ils étaient joints leur reste même lorsqu'ils ne se touchent plus.

La toumah provenant de liquides

"Bemachkin, koulan cheniyos" : lorsque la toumah a atteint la pâte par l'intermédiaire de l'un des sept liquides, le résultat pour tout l'ensemble est chéni. Les Chakhamim ont établi que les liquides temeïm agissent au niveau d'un richon, et que par conséquent tout ce qu'ils touchent tombe au rang de chéni. Ici encore, la masse adhérente absorbe la toumah comme un seul corps, si bien qu'aucun pâton ne se retrouve à un échelon inférieur aux autres. "Parchou, koulan cheniyos" : même après que les morceaux ont été détachés, chacun conserve son statut de chéni.

La toumah provenant des mains

"Beyadayim, koulan chlichiyos" : si la source était les mains d'une personne, tous sont chlichi. Les mains ont reçu le statut de chéni par décret rabbinique, et c'est ce décret qui sous-tend toute l'institution du lavage des mains avant diverses pratiques rituelles. Puisqu'un chéni rend la teroumah chlichi, cette clause parle d'une pâte qui est teroumah, et l'ensemble du groupe devient chlichi d'un seul coup. "Parchou, koulan chlichiyos" : lorsqu'on les détache, chaque pâton reste chlichi.

Le principe qui traverse toute la michnah est un seul et même principe : une pâte collée reçoit la toumah comme un corps unique, le tout se plaçant au même échelon de l'échelle, et chaque morceau emporte ensuite cet échelon avec lui lorsqu'il repart de son côté.