Taharos, chapitre 9, michna 6. Notre chapitre suit les olives depuis l'instant où on les cueille jusqu'à leur arrivée au pressoir, et il revient sans cesse à une même question : à partir de quand le liquide qui suinte d'un tas d'olives les rend-il susceptibles de contracter la toumah ? La règle qui gouverne chaque cas est la suivante : un liquide ne produit le hechsher, l'aptitude à recevoir l'impureté, que lorsque le propriétaire est satisfait de sa présence. L'humidité qu'un homme désire le sert ; celle qui lui arrive par accident, contre sa volonté, laisse le fruit exactement aussi inapte à contracter la toumah qu'auparavant. Cette michna, et celle qui la suit, appliquent ce principe à une série de situations de la vie courante.
Premier cas : « Hamaniach zeisim bagag legargeran, afilou hen roum ama, einan mouchcharin ». Un homme étale ses olives sur le toit pour que le soleil les dessèche et en fasse des guarguerim, des olives ratatinées. Même si le tas atteint une ama entière de hauteur, elles ne sont pas devenues mouchcharin. Imaginons un tel monticule : en se ratatinant, les olives rendent leur jus, et plus le tas est élevé, plus ce jus s'accumule en dessous ; le liquide est donc assurément présent. Pourtant il n'accomplit rien ici. Celui qui expose sa récolte au soleil recherche un fruit sec, et cette humidité qui apparaît est précisément ce dont il veut se débarrasser. Un liquide qui vient contre la volonté du propriétaire n'a aucune incidence sur l'aptitude du fruit à recevoir la toumah.
La michna retourne maintenant le cas : « Netanan babayis chéyeilkou vé'assid léha'alosan lagag, o chénesanan bagag chéyeilkou o chéyiftechou, harei eilou mouchcharin ». Il les a mises dans la maison pour qu'elles s'amollissent et se flétrissent, avec l'intention de les monter ensuite sur le toit ; ou bien il les a posées sur le toit même pour qu'elles s'y flétrissent, ou encore pour qu'elles s'ouvrent, car ce sont des olives fendues qu'il lui faut pour les saler. Dans tous ces cas, les olives sont mouchcharin. Ici le ramollissement est son but, le liquide qui suinte fait partie du processus qu'il a lui-même déclenché, et une humidité que l'on désire est une humidité qui rend l'aliment susceptible de contracter l'impureté.
Le dernier cas ressemble en apparence au précédent, mais aboutit à l'inverse : « Netanan babayis ad chéyichmor es gago, o ad chéyolichem lémakom acheir, einan mouchcharin ». Il n'a mis les olives dans la maison que le temps de mettre son toit en état. Peut-être n'avait-il pas encore construit le ma'aké, le garde-corps, et il ne peut pas y monter sa récolte avant que le toit ne soit conforme ; ou bien il ne les garde dans la maison que jusqu'à ce qu'il ait l'occasion de les transporter ailleurs. Dans un tel cas, elles ne sont pas mouchcharin. Son projet se situe autre part, sur le toit ou dans un autre lieu, et le séjour dans la maison n'est qu'un délai. Tout liquide qui s'amasse durant cet intervalle est indésirable, et il n'affecte en rien l'aptitude des olives à recevoir la toumah.
Trois cas, une seule mesure. Ni la quantité de liquide, ni la taille du tas, ni l'endroit où les olives se trouvent posées, mais uniquement ceci : cette humidité est-elle ce que le propriétaire voulait, ou bien quelque chose qu'il attend simplement de voir passer ?