Taharos, chapitre 7, michna 6. Notre chapitre fait partie d'une série de michnayos consacrées au am haaretz, le Juif qui ne se garde pas dans les questions de taharah, et à la manière dont celui qui, lui, se garde doit se comporter envers une telle personne et envers tout endroit où elle a pu se trouver. Nous avons ici deux sortes d'intrus non invités qui s'introduisent d'eux-mêmes dans la maison de quelqu'un, et comme nous allons le voir, la halachah les juge selon deux critères très différents.
Les percepteurs d'impôts
« Hagabbaïm chenichnessou letoch habayis » : si les collecteurs sont entrés dans la maison, « habayis tamé », la maison est tamé. Un mot rassurant pour tout gabbaï qui nous écoute : la michna ne parle pas de celui qui recueille les promesses de dons et distribue les aliyos. Ces gabbaïm sont des percepteurs d'impôts, des hommes qui viennent au nom du gouvernement percevoir ce qui est dû et saisir un objet de valeur en garantie.
Pourquoi déclare-t-on toute la maison tamé ? Parce que de tels hommes sont présumés être des amei haaretz, et même selon les chachamim, qui sont en général la voix indulgente dans ces sujets, un percepteur ne reste pas poliment sur le seuil. Il parcourt les pièces, examine tout ce qu'il voit à la recherche d'un objet qui vaudrait la peine d'être pris pour le trésor public. Partout où il aurait pu atteindre, nous devons supposer qu'il a atteint et touché.
« Im yech imahen goy » : s'il y a un non-Juif avec eux, « neemanim lomar lo nichnassnou », on les croit lorsqu'ils disent : « Nous ne sommes pas entrés », et la maison reste tahor. Que la mention du non-Juif ne vous trouble pas. Elle figure ici pour faire pendant à la dernière phrase de la michna, qui parle de voleurs accompagnés d'un non-Juif. L'idée est que même dans le cas le plus sévère, où un non-Juif faisait partie du groupe, leur affirmation qu'ils ne sont jamais entrés est acceptée, et il va de soi qu'elle est acceptée lorsqu'aucun non-Juif ne les accompagnait.
« Aval einam neemanim lomar nichnassnou aval lo naganou » : mais on ne les croit pas s'ils disent : « Nous sommes entrés, mais nous n'avons rien touché. » Une telle affirmation ne sonne tout simplement pas juste. Dès lors qu'ils ont reconnu s'être trouvés à l'intérieur, tout ce qui se trouve dans la maison doit être traité comme tamé, puisque le but même de leur visite était de manipuler tout ce qu'ils trouveraient.
Les voleurs
« Haganavim chenichnessou letoch habayis, ein tamé ela ad mekom ragleï haganavim » : lorsque des voleurs sont entrés dans la maison, rien n'est tamé sauf jusqu'à l'endroit où les pieds des voleurs sont parvenus. Ici, la présomption va dans l'autre sens. Le percepteur se promène dans la maison avec l'assurance d'un homme qui a le gouvernement derrière lui. Un voleur, lui, craint le propriétaire et craint d'être pris, donc il ne se promène pas. Il prend ce qui est à portée de main et il s'en va. Nous limitons donc la toumah aux endroits où nous savons qu'il a effectivement marché, et nous ne supposons pas qu'il soit allé plus loin.
« Oumah hen metamin ? Haochlin vehamachkin ouchleï cheress hapetouchin » : et que rendent-ils tamé ? Les aliments, les liquides et les récipients de terre cuite ouverts. « Aval hamichkavos vehamochavos ouchleï cheress hamoukafin tzamid patil, tehorin » : mais les objets destinés à se coucher et à s'asseoir, ainsi que les récipients de terre cuite fermés par un couvercle hermétiquement ajusté, restent tahor. La raison en est que ce voleur est un Juif. Même s'il est un am haaretz, on ne le traite pas comme s'il avait la toumah d'un zav, il ne transmet donc pas la toumah de midras à la literie et aux sièges, et il ne peut pas pénétrer un récipient de terre cuite scellé. Il ne transmet la toumah que par maga, par contact direct, et par conséquent seuls les aliments, les boissons et les récipients qui étaient ouverts à sa main sont atteints.
« Im yech imahen goy o icha, hakol tamé » : mais s'il y avait avec eux un non-Juif lors de cette effraction, ou une femme, tout est tamé. C'est le pendant de la clause du début de la michna. Un non-Juif est traité par les sages comme s'il portait la toumah d'un zav, et une femme am haaretz, qui n'est pas attentive à ces lois, est présumée nidah. L'un comme l'autre transmet la toumah de midras à tout ce sur quoi il ou elle s'est assis ou couché, donc dès qu'une telle personne faisait partie du groupe, rien dans la maison n'échappe.
Le résumé pratique de la michna n'est pas compliqué : un percepteur qui entre a tout touché, un voleur n'a touché que ce qui se trouvait sur son passage, et dès qu'un non-Juif ou une femme fait partie de la visite, la maison entière est atteinte. Puissions-nous tous être dispensés d'avoir à appliquer quoi que ce soit de tout cela.