Taharos, chapitre 9, michna 5. Ce chapitre suit l'olive à travers les étapes de sa production et demande, à chaque étape, si l'olive est déjà devenue apte à recevoir la toumah. Notre michna présente deux cas distincts : des olives qu'on laisse ramollir, et des olives qu'on ouvre à la main.
« Hamani'ah zeissim bakoutach chéyimassou » : une personne dépose ses olives dans le pressoir afin qu'elles ramollissent et soient plus faciles à écraser lorsque le pressage commencera. « Haré élou moukhcharin » : elles deviennent aptes à recevoir la toumah. Le liquide qui suinte d'elles pendant qu'elles reposent là compte comme un liquide qui les prépare, car le ramollissement fait partie du travail de production de l'huile.
« Chéyimassou chéyihyou mélahim » : changeons maintenant l'intention. Il ne les ramollit pas du tout dans le but de les presser, mais pour les saler, comme on prépare des olives destinées à être mangées. Ici les Tannaïm se divisent. « Beis Chammaï omrim, moukhcharin, ouBeis Hillel omrim, énan moukhcharin » : selon Beis Chammaï elles sont aptes à la toumah ; selon Beis Hillel elles ne le sont pas.
Le Bartenoura situe le débat autour du mohal, ce jus aqueux que les olives laissent échapper. Pour Beis Chammaï, cette humidité rend bien les olives aptes à la toumah, car à leurs yeux le traitement de ces olives-là est arrivé à son terme. Beis Hillel répondent qu'aucune aptitude ne s'installe, puisque selon eux le travail des olives n'est pas achevé : parvenir au moment du salage n'est pas encore la fin de ce qu'il reste à leur faire.
« Hapotséa zeissim beyadayim teméos, tim'an » : une personne ouvre des olives avec ses mains pour les manger, et ses mains sont tamé. Elle a par là rendu les olives tamé. Le mécanisme mérite d'être suivi pas à pas. Des mains qui n'ont pas été lavées ni purifiées ont le statut de chéniyos. Lorsque l'olive est ouverte, de l'huile se libère, et ce liquide, touché par des mains qui sont chéniyos, devient un richon, car telle est la règle pour les liquides : ils bondissent au niveau de richon. Le liquide se retourne alors aussitôt sur l'olive et la rend chéni.
Selon le Bartenoura, cela vaut même lorsque les olives ne sont pas de la teroumah. Certains commentateurs comprennent le cas comme portant spécifiquement sur des olives de teroumah, où la chaîne peut se prolonger davantage et où les olives peuvent être abaissées jusqu'au niveau de chelichi.
La michna nous laisse donc avec deux enseignements à la fois : l'intention pour laquelle les olives sont mises de côté détermine si le liquide qui suinte d'elles les prépare à la toumah, et les mains non lavées d'une personne peuvent suffire à faire entrer la toumah dans la nourriture qu'elle s'apprête à manger.