Taharos, chapitre 9, michna 4. Ce chapitre nous fait parcourir les étapes de la production des olives, depuis le moment de la cueillette jusqu'au pressage de l'huile, et se demande à chaque étape si les olives sont déjà devenues aptes à recevoir la toumah. Notre michna aborde un problème très concret : celui d'un am ha'aretz qui veut que la terouma qu'il prélève arrive au kohen dans un état de taharah.
« Hagomer es zeisav vechiyer koupah a'has » (celui qui achève ses olives et en laisse une caisse). Un homme a terminé de rentrer sa récolte d'olives, et il reste un récipient. Cette dernière caisse n'est pas un reste dû au hasard : il l'a mise de côté volontairement, car c'est de là que sera prélevée la terouma. Il est am ha'aretz, et il se connaît assez bien pour savoir que tout ce qui passe entre ses mains risque d'être manipulé de façon inappropriée. Il garde donc cette caisse à l'écart du reste, et la michna demande ce qu'il doit en faire.
Il vaut la peine de rappeler où nous en sommes dans le processus. À ce stade, les olives ne sont pas encore devenues aptes à recevoir la toumah, et c'est précisément pour cela qu'elles peuvent encore servir de terouma. La fin du travail est marquée par le fait qu'il les dépose dans le récipient ; jusqu'à cet instant, tout ce dont nous avons parlé au sujet du hekhcher n'a pas encore pris effet.
« Yitnenah lekohen, divrei Rabbi Meïr » (qu'il la donne à un kohen, telles sont les paroles de Rabbi Meïr). La réponse de Rabbi Meïr est la plus directe : qu'il remette la caisse à un kohen. Que les olives sortent complètement de la possession de l'am ha'aretz et se trouvent sous la garde de quelqu'un sur qui on peut compter pour les préserver.
« Rabbi Yehoudah omer, yoli'h es hamafté'a'h miyad » (Rabbi Yehoudah dit : qu'il apporte la clé immédiatement). Selon Rabbi Yehoudah, il n'est pas nécessaire que le récipient lui-même quitte les mains du propriétaire. Il suffit qu'il aille sans tarder porter au kohen ce qui ouvre la pièce où ces olives sont entreposées. Ce qui les protège, c'est de savoir qui détient l'accès, et non qui les possède ou les transporte matériellement.
« Rabbi Chimon omer, me'es le'es » (Rabbi Chimon dit : d'un moment au même moment). Rabbi Chimon estime qu'il n'est pas nécessaire d'agir sur le champ. On lui accorde une période complète de vingt-quatre heures pour s'en occuper, et les olives ne sont pas compromises entre-temps.
Trois opinions, donc, sur une même question : l'am ha'aretz protège-t-il la part de terouma en se dessaisissant des olives, en se dessaisissant aussitôt de la clé, ou en s'occupant de l'affaire dans la journée ?