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Taharos, chapitre 9, Michna 2 : les olives dont le travail n'est pas encore achevé

Taharos, chapitre 9, Michna 2. Ce chapitre nous emmène dans la cueillette des olives et au pressoir à huile. Un aliment ne devient capable de contracter la toumah qu'à partir du moment où il a été mouillé par un liquide, et les olives portent leur propre humidité avec elles : la sève qu'elles laissent suinter tandis qu'elles reposent et s'attendrissent. Mais l'humidité ne crée le hech'cher, l'aptitude à recevoir la toumah, que lorsque le propriétaire est satisfait de sa présence. Un liquide qui arrive contre la volonté de l'homme, dont il préférerait se passer entièrement, ne rend pas ses produits susceptibles de toumah. Notre Michna applique ce principe à un homme dont les olives sont déjà entassées dans la cuve, mais dont le travail n'est pas encore terminé.

« Gamar mililkot aval assid likach » : il a fini de cueillir ses propres olives, mais il compte encore en acheter d'autres. Le tas qui se trouve dans la cuve n'est pas le tas définitif. Il attend d'y ajouter encore, et jusque-là la sève qui s'échappe de ces olives n'est pas quelque chose qu'il désire. « Gamar milikach aval assid lilvos » : il en va de même pour l'homme qui a fini d'acheter des olives mais qui a encore l'intention d'en emprunter à un voisin pour compléter le lot. Dans les deux cas, son travail reste inachevé selon son propre plan, et l'humidité qui s'accumule dans la cuve ne lui procure aucune satisfaction.

La Michna poursuit avec un second type de retard, qui lui vient entièrement de l'extérieur. « Ar'o évèl » : le deuil s'est abattu sur lui, rachmana litslane, et il doit laisser ses olives pour rester auprès de son mort. « O michté » : ou bien une réjouissance s'est présentée et il est occupé par le festin. « O onès » : ou bien une circonstance indépendante de sa volonté lui a lié les mains et il ne peut tout simplement pas se mettre au travail. Ici aussi les olives reposent et suintent dans la cuve, mais l'homme lui-même ne se tient pas au-dessus d'elles avec satisfaction. L'interruption lui a été imposée.

Le résultat est frappant. « Afilou zavim vezavos mehalchim aleihen, tehorin » : même si des zavim et des zavos, des personnes qui portent une toumah grave dans leur corps même, marchent sur ce tas d'olives, les olives restent tehoros. Puisque la sève qui les recouvre est une humidité que le propriétaire ne désire pas, elle ne les a jamais rendues susceptibles de toumah, et un produit qui n'a jamais reçu cette aptitude ne devient pas tamé, quoi qu'il vienne le toucher.

« Naflou aleihen machkin temé'in » : si des liquides tamé sont tombés sur le tas, la règle est limitée. « Ein tamé ella mekom maga'n » : seul l'endroit que le liquide a effectivement touché devient tamé. La toumah ne se répand pas dans tout le tas, car les autres olives n'ont jamais été amenées à un état d'aptitude à la toumah.

Et enfin, « vehamohel hayotsé mehen tahor » : la sève qui s'écoule de ces olives est elle-même tehorah. Ce n'est pas un liquide que son propriétaire est heureux de voir, il n'est donc pas traité comme un liquide qui transmet ou reçoit la toumah.

L'enseignement de la Michna est que la toumah suit la volonté de l'homme. Tant que son travail est inachevé, que ce soit par son propre calcul ou parce que la vie l'a interrompu, la sève qui se trouve dans sa cuve est un suintement indésirable et non un liquide, et ses olives demeurent hors d'atteinte de la toumah.