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Chevouot Chapitre 6, Michna 6: le serment portant sur un terrain et sur des choses mesurables

Chevouot, chapitre 6, michna 6. Cette michna poursuit la règle que nous avons évoquée précédemment, à savoir que l'on ne prête pas serment au sujet des terrains, et elle vient préciser ce qui est considéré comme un terrain.

La divergence entre Rabbi Méir et les Sages au sujet de ce qui est attaché au sol :

Rabbi Méir estime qu'il existe des choses attachées au sol qui, malgré cela, n'ont pas le statut de terrain, et que l'on peut donc s'obliger à leur sujet à prêter serment. Les Sages sont en désaccord avec lui et considèrent qu'elles ont en tout point le statut d'un terrain.

De quoi s'agit-il ? Un homme réclame à son prochain, gardien ou dépositaire, en lui disant : "esser guefanim teouvot masarti lecha" - je t'ai confié dix vignes chargées, c'est-à-dire dix vignes remplies de raisins prêts à être cueillis, et l'autre répond : tu ne m'en as confié que cinq.

  • Selon Rabbi Méir : il s'agit là d'une reconnaissance partielle de la réclamation, et il est donc tenu de prêter serment. Bien que les vignes soient attachées au sol, comme les fruits sont prêts à être cueillis, ils n'ont pas le statut de terrain.

  • Selon les Sages : tout ce qui est attaché au sol a le statut d'un terrain, et il n'est donc pas tenu de prêter serment.

La loi concernant les choses mesurables :

La michna enseigne une loi supplémentaire : un homme ne prête serment au sujet d'un objet que s'il est possible d'en déterminer la quantité, par mesure, par poids ou par nombre.

  • Une réclamation qui ne peut être mesurée : le réclamant affirme avoir confié à son prochain une maison remplie d'objets ou une bourse pleine, et le défendeur répond : je ne sais pas, c'est ce que tu m'as remis, prends ce qui s'y trouve. Dans ce cas, il est exempté, car sa réponse ne précise aucune quantité déterminée.

  • Une réclamation qui peut être mesurée : le réclamant affirme avoir confié à son prochain une récolte jusqu'à un repère précis dans la maison, par exemple une saillie du mur, et le défendeur répond que cela n'allait que jusqu'à la fenêtre, qui est un repère plus bas. Ici, il est tenu de prêter serment, car aussi bien la réclamation que la réponse portent sur une chose que l'on peut mesurer.

La règle qui en découle : lorsque la réclamation et la réponse à la réclamation portent sur des choses que l'on peut mesurer, l'obligation de serment s'applique ; et lorsqu'elles ne peuvent être mesurées, il n'y a pas d'obligation.

En résumé : dans cette michna, nous avons étudié la divergence entre Rabbi Méir et les Sages au sujet de ce qui est attaché au sol, à savoir si des vignes chargées de fruits prêts à être cueillis sont considérées comme un terrain en matière de serment, et nous avons appris que l'on ne prête serment que sur des choses dont on peut déterminer la quantité par mesure, par poids ou par nombre.