Chevouot chapitre 6, michna 4. Cette michna traite du statut juridique requis d'une personne pour qu'elle puisse obliger son prochain à prêter serment, et de celui qui n'a pas le pouvoir de l'y obliger.
"Ein nichbaïn al taanat cheresh, choté vekatan" - On ne fait pas prêter serment sur la réclamation d'un sourd-muet, d'un dément ou d'un mineur :
Le défendeur n'est pas tenu de prêter serment lorsque la réclamation est présentée par l'un de ces trois :
Cheresh - un sourd-muet.
Choté - celui qui n'a pas toute sa raison.
Katan - un mineur.
La raison en est qu'ils n'ont pas de statut juridique, et qu'ils n'ont pas le pouvoir de formuler une réclamation. Toutefois, d'un point de vue rabbinique, à l'époque de la Guemara, les Sages ont institué le serment de hesset, et ce serment s'appliquait ; mais à l'époque de la michna il n'existait pas.
"Ein machbiïn et hakatan" - On ne fait pas prêter serment au mineur :
Même si une réclamation est formulée à l'encontre du mineur, il ne prête pas serment, car il ne comprend pas la gravité de la chose, la signification du serment ni le châtiment qui revient à celui qui prête un faux serment.
"Aval nichbaïn lekatan" - Mais on prête serment à l'égard d'un mineur :
Celui qui vient recouvrer une dette que devait le père du mineur, à partir de l'héritage que le fils a reçu de son père, la halakha est qu'il doit prêter serment pour recouvrer la dette.
Le serment à l'égard du hekdesh :
De même, celui qui a consacré ses biens au hekdesh, et qu'un créancier vient recouvrer sur ces biens parce qu'il avait un privilège antérieur sur ces objets avant qu'ils ne soient consacrés, doit prêter serment que ces objets lui sont bien dus, afin de pouvoir recouvrer sur le hekdesh.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris qu'un sourd-muet, un dément et un mineur n'obligent pas à prêter serment car ils n'ont pas de statut juridique pour formuler une réclamation (et ce n'est que d'un point de vue rabbinique que le serment de hesset a été institué), et que l'on ne fait pas prêter serment au mineur car il ne comprend pas la signification du serment ni son châtiment. En revanche, on prête serment à l'égard d'un mineur : celui qui vient recouvrer une dette sur l'héritage qu'il a reçu, et on prête serment aussi à l'égard du hekdesh : le créancier dont le privilège précédait la consécration des biens.