Massékhet Chabbat, chapitre 24, michna 4. Cette michna continue elle aussi à traiter des questions liées au fait de nourrir les animaux pendant Chabbat.
"Me'hatkhin ète ha-dloü'in lifné ha-behéma" :
Il est permis de couper des courges devant l'animal pour qu'il en mange, à condition qu'elles aient été cueillies avant Chabbat. Et bien que les courges soient en général propres à la consommation humaine et non à celle des animaux, il est permis de les couper et de les donner à l'animal pendant Chabbat.
"Vé-ète ha-nevela lifné ha-klavim" :
De même, il est permis de placer une nevela - un animal mort sans avoir été abattu rituellement et qui n'est donc pas propre à la consommation - devant les chiens, et ce même si elle est devenue nevela pendant Chabbat lui-même. Certes, la veille de Chabbat elle était propre à la consommation humaine et n'était pas destinée à nourrir les animaux, mais puisqu'elle est morte pendant Chabbat et est devenue nevela, il est permis de la donner aux chiens pour qu'ils la mangent. L'avis du Tana Kama est qu'il ne faut pas interdire la nevela au titre de mouktsé.
L'avis de Rabbi Yehouda :
Rabbi Yehouda est en désaccord et dit : "Im lo hayta nevela mé-érèv Chabbat - assoura, léfi ché-éna min ha-moukhan". Autrement dit, si elle n'était pas déjà nevela avant Chabbat, elle est interdite parce qu'elle n'a pas été préparée à cet usage dès le jour précédent : avant Chabbat elle était encore propre à la consommation humaine, et ce n'est qu'à l'entrée de Chabbat qu'elle est devenue disponible pour la consommation animale, elle est donc considérée comme mouktsé.
Pour résumer : dans cette michna, nous avons appris qu'il est permis de couper devant l'animal des courges cueillies avant Chabbat, bien qu'elles soient un aliment destiné à l'homme, et de placer une nevela devant les chiens. Les Tanaïm sont en désaccord au sujet d'une nevela devenue telle pendant Chabbat : selon le Tana Kama, il n'y a pas là d'interdit de mouktsé et il est permis de la donner aux chiens, tandis que selon Rabbi Yehouda elle est interdite, car elle n'avait pas été préparée à cet usage avant Chabbat.