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Sanhédrin Chapitre 2, Michna 3: Enterrements et Seoudat Havra'ah

Dans le prolongement des lois que nous avons étudiées concernant le kohen gadol, nous arrivons au traité Sanhédrin, deuxième chapitre, Michna 3, qui traite de la participation du roi à un enterrement et à la seoudat havra'ah.

Meit lo meit - eino yotzei mipeta'h palterin chelo :

S'il arrive que l'un des sept proches parents du roi décède, la Michna établit qu'il lui est interdit de franchir la porte de son palais. La raison en est le respect de la royauté : il ne convient pas que le peuple voie le roi dans un état de deuil et de chagrin, négligé et brisé.

Rabbi Yehouda omer : Im ratsah latseit a'har mitato yotzei - Rabbi Yehouda n'est pas d'accord et estime qu'il a l'autorisation de sortir. Il apporte une preuve à ses propos à partir d'un précédent explicite : Cheken matsinou beDavid cheyatsa a'har mitato chel Avner. Le roi David lui-même a participé à l'enterrement d'Avner, et a été vu par le peuple plongé dans le chagrin et le deuil, comme l'indique le verset : Vehamélekh David holekh a'harei hamitah.

Contexte de l'événement - l'épisode du meurtre d'Avner :

Après la mort de Chaoul, le pays fut divisé, et en pratique deux rois régnaient sur Israël :

  • Le roi David : roi sur Yehouda depuis 'Hevron, dont le chef des armées était Yoav.

  • Ich Bochet ben Chaoul : roi sur le reste d'Israël, dont le chef des armées était Avner.

Environ deux ans plus tard, Avner chercha à combler la rupture et à unifier le peuple. Il s'adressa à David pour aplanir les différends et se rallier à son camp. Yoav devait l'accueillir, mais il avait des comptes à régler avec Avner, qui avait tué son frère Assaël, et bien qu'il n'en eût pas le droit - il le tua.

La participation de David à l'enterrement découlait de deux raisons :

  1. Chagrin personnel : David fut attristé par cet acte, il y voyait une terrible injustice, et en fut profondément bouleversé.

  2. Crainte d'une guerre fratricide : Le peuple pensait que David avait approuvé le meurtre d'Avner, et cela n'augurait rien de bon pour l'unification des deux camps.

La réponse des Sages - Hora'at cha'ah :

À cela, les Sages répondent qu'on ne peut pas tirer de leçon de cet événement, car il s'agissait d'une hora'at cha'ah - une décision exceptionnelle et temporaire en raison de circonstances urgentes, dans ce cas précis la crainte d'une guerre civile. Lo hayah hadavar éla lefayès et ha'am - sa participation ne provenait pas d'un deuil personnel ou d'un devoir de respect, mais afin d'apaiser le peuple et de préserver son unité. Par conséquent, il s'agit d'une exception et non d'une règle, et la Halakha a été tranchée selon l'avis des Sages : le roi ne participe pas aux enterrements.

Oukeshemavrin oto :

La Michna passe à la Séoudat Havra'a - le premier repas que prend l'endeuillé après l'enterrement de son mort, et même le roi est nourri par d'autres et non de ses propres ressources. Ici se pose à nouveau la question de l'honneur de la royauté, car la loi de renverser le lit s'applique également au roi, et nous attendons de lui qu'il descende dans une certaine mesure de son trône en raison de son deuil.

Comment, dès lors, concilier ces deux aspects ?

La Michna déclare : Kol ha'am mesoubin al ha'arets, vehou messev al hadargash - Les consolateurs s'assoient à même le sol, en dessous du roi qui reste au-dessus d'eux, tandis que le roi descend de son trône et s'installe sur le dargash. Le dargash est une sorte de petit lit simple, un lit d'ornement, et la Guémara explique qu'il est destiné à apporter un bon présage à la maison. Ce n'est pas un lit ou un canapé fait pour s'y asseoir véritablement, mais un meuble décoratif plus simple. Il en résulte que le roi descend d'un niveau pour marquer son deuil, tout en restant assis de façon digne au-dessus du peuple.