Pessa'him chapitre 7, michna 3. La michna traite du korban Pessa'h enduit d'huile, car comme cela a déjà été étudié dans le traité, il est permis d'utiliser des jus de fruits et de les frotter sur le korban. La question examinée ici est de savoir quel est le statut d'une huile ayant un statut particulier : une huile de Terouma ou une huile de maasser cheni.
On l'a enduit d'huile de Terouma :
"im 'havourat kohanim - yochlou" - lorsque les membres du groupe responsable de ce Pessa'h sont des kohanim, il n'y a aucun empêchement, car ils sont autorisés à consommer de la Terouma.
"im Israël" - lorsque les membres du groupe sont des Israélites, qui ne sont pas autorisés à consommer de la Terouma, il faut trouver un moyen de se débarrasser de l'huile de Terouma qui se trouve sur le korban, et à ce sujet la michna distingue entre deux situations :
"im 'hai hou - yedi'henou" - si la viande est encore crue et n'a pas été rôtie, il suffit de la laver à l'eau et de la sécher, car l'huile n'a pas encore été absorbée dans la viande.
"im tsli hou - yiklof et ha'hitson" - une fois la viande rôtie, l'huile est absorbée en son sein, et il faut donc peler la couche extérieure du korban afin que l'Israélite ne consomme pas de Terouma. Cette règle est certainement valable lorsque la viande est chaude, et certains comprennent qu'elle s'applique même lorsque la viande est froide.
On l'a enduit d'huile de maasser cheni :
Du point de vue de la consommation elle-même, il n'y a pas de problème : le maasser cheni se mange à Jérusalem, et le korban Pessa'h se mange lui aussi uniquement à Jérusalem. Tout Juif est autorisé à consommer du maasser cheni tant qu'il est pur, et de ce fait il n'y a pas de crainte, car pour consommer le korban Pessa'h la personne doit être pure.
Néanmoins la michna établit : "lo yaassenou damim livné 'havoura" - il n'est pas autorisé à percevoir un paiement des autres membres du groupe pour l'huile de maasser cheni qu'il a étalée sur le korban. Il ne peut pas leur dire : de même que vous avez payé pour le korban Pessa'h, de même vous incombe un supplément de paiement pour l'huile.
La raison en est : "cheën podin maasser cheni birouchalayim", et certains ont pour version - et cette version se comprend peut-être mieux - "cheën mochrin maasser cheni birouchalayim". On ne doit pas vendre du maasser cheni à Jérusalem, même pour le consommer là-bas en sainteté, car les Sages ont établi que cela ressemble trop au rachat du maasser cheni à Jérusalem, qui n'est pas valable et n'est pas possible. Le rachat doit se faire en dehors de Jérusalem, à moins que le maasser ne soit impur. Dans le cas qui nous occupe, l'huile est pure, et il n'est donc pas possible de la racheter à Jérusalem, et pour cette raison on ne permet pas de la vendre contre de l'argent - et c'est là en réalité la signification de la perception du paiement auprès des membres du groupe.
En résumé : dans cette michna, nous avons étudié la règle concernant celui qui enduit le korban Pessa'h d'une huile ayant un statut particulier. Avec de l'huile de Terouma : un groupe de kohanim la consomme normalement, tandis qu'un Israélite rince la viande lorsqu'elle est crue ou pèle sa couche extérieure lorsqu'elle est rôtie. Avec de l'huile de maasser cheni : la consommation est permise, car tout se fait à Jérusalem et en état de pureté, mais il est interdit de percevoir le prix de l'huile auprès des membres du groupe, car on ne rachète ni ne vend le maasser cheni à Jérusalem.