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Para, chapitre 7, michna 12 : ouvrir une brèche, manger, et étendre des figues à sécher

Para, chapitre 7, michna 12. Tout au long de ce chapitre, la michna examine une seule règle sous tous ses angles : celui qui s'occupe des mé 'hatas, depuis le puisage de l'eau jusqu'à sa sanctification avec les cendres de la para adouma, ne doit pas s'interrompre pour accomplir une mélakha. Toute action n'est pourtant pas une mélakha disqualifiante. Un acte qui répond aux besoins de la 'hatas, même un acte assez banal, fait partie du travail lui-même et laisse l'eau valide. Cette michna propose trois illustrations, et dans chacune d'elles le résultat dépend de cette distinction.

Voici le texte de la michna, membre par membre. "Haporets al menas ligdor, kacher" : celui qui ouvre une brèche dans un mur en ayant l'intention de la refermer ensuite laisse l'eau valide. "Vé'im gadar, passoul" : s'il la referme effectivement, l'eau est perdue. "Ha'okhel al menas liktsos, kacher" : celui qui mange avec l'intention d'étendre des figues à sécher laisse l'eau valide. "Vé'im katsa, passoul" : dès lors qu'il les étend réellement, l'eau est perdue. Et le troisième membre : "Haya okhel", il était en train de manger, "véhossir", et il en resta une part, "vézarak ma chébéyado", et il jeta ce qui lui restait dans la main "létakhas haté'éna", à l'ombre du figuier, "o létokh hamouktsé", ou dans l'endroit réservé au séchage des figues, "bichvil chélo yovad", afin que cela ne soit pas perdu, "passoul", l'eau est disqualifiée.

Ouvrir une brèche dans un mur pour se faire un passage

Imaginons un homme qui transporte l'eau puisée vers l'endroit où l'on y ajoutera les cendres, et un mur de pierre barre son chemin. Il y ouvre une brèche pour pouvoir passer, avec l'intention de la refermer dès qu'il sera passé. Le fait d'ouvrir la brèche ne gâte rien, car cela a été fait pour les besoins de la 'hatas : sans cela, l'eau ne pouvait pas atteindre sa destination. Son projet de réparer le mur ensuite ne transforme pas la brèche en un travail étranger. Mais s'il referme effectivement le mur, cette réparation n'apporte absolument rien à l'eau. Elle constitue une mélakha à part entière, et l'eau qui lui était confiée devient passoul.

Manger afin d'étendre des figues

Le deuxième cas concerne un homme qui, après avoir puisé l'eau, mange les figues de son compagnon, et il les mange étant entendu qu'il étendra plus tard les figues de cet homme à l'endroit où l'on étale les figues pour les faire sécher (en les fendant et en les préparant au séchage, ou en les pressant en gâteaux de figues) en paiement de ce qu'il a mangé. Manger n'est pas une mélakha qui nuit à la 'hatas ; au contraire, cela lui donne la force de porter l'eau jusqu'à sa sanctification, si bien que le repas sert la 'hatas et que l'eau reste kachère.

S'il étend effectivement ces figues à sécher avant que les cendres n'aient été ajoutées, l'eau est disqualifiée. Un tel travail n'a aucun rapport avec l'eau, et rien ne pressait de l'accomplir à ce moment-là : rien ne l'empêchait de s'occuper des figues une fois la sanctification passée. Puisque la tâche pouvait aisément être remise à plus tard, l'accomplir alors que l'eau était encore sous sa responsabilité en fait une mélakha extérieure.

Mettre de côté ce qui lui restait dans la main

Le dernier cas est le plus subtil des trois. Il était en train de manger, et une partie de ce qu'il avait pris se trouvait encore dans sa main. Ne voulant pas que cela soit perdu, il l'a jeté à l'ombre du figuier, ou dans l'endroit où l'on étale les figues à sécher, pour que cela soit conservé. Jeter de la nourriture dans un lieu de conservation est en soi une mélakha, un acte de protection des produits, et il est accompli pour la nourriture et non pour la 'hatas. L'eau est donc disqualifiée.

Les trois cas réunis affinent une même leçon. Ouvrir une brèche dans un mur et manger des figues, qui ressemblent à des occupations ordinaires de la semaine, sont valides lorsqu'ils sont le moyen d'amener l'eau à sa sanctification. Reconstruire le mur, étendre des figues, et même jeter un reste de fruit dans un endroit sûr, qui semblent des gestes de rien du tout, disqualifient l'eau, parce qu'ils servent autre chose que les mé 'hatas. Tout dépend de savoir si l'acte appartient au service de l'eau.