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Parah, chapitre 8, Michna 10 : eaux de marais et eaux mélangées

Parah, chapitre 8, Michna 10. Cette partie du chapitre examine quelles sources d'eau conviennent pour les mei chatas, l'eau que l'on mélange avec les cendres de la parah adoumah. Notre Michna nomme des rivières précises et les déclare invalides, chacune pour une raison qui lui est propre.

La Michna commence : "Mei Karmeyon oumei Pouga pessoulin, mipnei chehein mei bitzim", les eaux du Karmeyon et du Pouga sont invalides, parce que ce sont des eaux de marais. L'eau de marais est une eau qui entraîne avec elle du sable et de la boue. Quant à la localisation de ces rivières, le Rambam et le Roch comprennent que le Karmeyon et le Pouga sont des rivières d'Eretz Yisroël, si bien que notre Michna parle en tout de quatre rivières : le Yardein, le Yarmouch, le Karmeyon et le Pouga. Le Aroukh, lui, identifie le Karmeyon et le Pouga avec l'Amana et le Parpar, les fleuves de Damas.

Qu'y a-t-il donc dans le limon et les graviers qui rende une telle eau invalide ? Deux approches sont proposées. Selon la première, les matières solides qui flottent dans l'eau constituent une chatzitza : lorsqu'on puise l'eau, la boue s'interpose entre elle et les parois du récipient, de sorte que le puisage n'est pas valable. Selon la seconde, dès que l'eau de marécage se déverse dans une rivière, le courant de celle-ci devient paresseux et la rivière ne se meut plus d'elle-même ; or un cours d'eau dont l'écoulement a été ainsi étouffé perd le statut de mayim chayim, l'eau vive de source, qui est précisément ce qu'exigent les mei chatas.

La Michna poursuit : "Mei haYardein oumei Yarmouch pessoulin, mipnei chehein mei ta'arovos", les eaux du Yardein et du Yarmouch sont invalides, parce que ce sont des eaux mélangées. Ces rivières ne sont pas disqualifiées à cause de leur propre qualité, mais parce que des rivières invalides s'y déversent et se mêlent à elles. (Le Yarmouch est un affluent qui vient du côté de la Transjordanie et rejoint le Yardein.)

La Michna définit alors la catégorie : "Ve'eilou hein mei ta'arovos ? Ehad kacher ve'ehad passoul chenit'arvou", voici ce que sont les eaux mélangées : une rivière valable et une rivière invalide qui se sont réunies. Dans un tel cas, on ne peut puiser aucune eau à l'endroit de leur rencontre. "Cheneihem kecheirin venit'arvou kecheirin", si les deux rivières sont valables et qu'elles se réunissent, l'eau reste valable. "Rebbi Yehouda possel", Rebbi Yehouda déclare cela invalide également.

La préoccupation de Rebbi Yehouda est plus large : si l'on autorise à puiser l'eau au confluent de deux rivières valables, les gens en viendront à puiser au confluent de deux rivières dont l'une est invalide, sans faire la distinction entre les deux cas. La halakha, cependant, ne suit pas Rebbi Yehouda ; lorsque les deux rivières sont valables, on peut prendre de l'eau à l'endroit où elles se rejoignent.