Parah, chapitre 8, michna 9. Cette partie du chapitre est tout entière consacrée à une seule question pratique : quelle eau peut-on puiser pour les mé 'hatas, l'eau dans laquelle on dépose les cendres de la parah adouma ? Toutes les sources d'eau ne conviennent pas, et notre michna en disqualifie nommément deux catégories.
La michna commence ainsi : "Hamayim hamoukin pessoulin", les eaux frappées sont invalides. Et elle définit aussitôt le terme : "Elou hein hamoukin ? Hamlou'him vehapochrim", voici ce que sont les eaux frappées : l'eau salée et l'eau tiède. Une source dont l'eau monte saumâtre, ou une source dont l'eau monte tiède au lieu d'être fraîche et froide, est considérée comme une eau qui a été frappée, atteinte dans sa nature même, et une telle eau ne peut pas servir pour la 'hatas.
La michna passe ensuite à une seconde disqualification : "Hamayim hami'hazvim pessoulin", les eaux défaillantes sont invalides. Que sont les eaux défaillantes ? "Hami'hazvim e'had bachavoua", des eaux qui viennent à manquer une fois dans une période de sept ans. Une source est censée être une origine d'eau vive, mayim 'hayim, une eau qui coule sans interruption. Si l'on sait que cette source cesse de couler une fois au cours de sept années, elle a montré qu'on ne pouvait pas compter sur elle, et elle est pessoula pour les mé 'hatas. Une source dont les interruptions surviennent à des intervalles plus longs que cela n'entre pas dans la catégorie des eaux défaillantes, et elle demeure valable.
Une dernière clause traite d'une source qui s'arrête pour des raisons qui lui sont imposées de l'extérieur. La michna parle d'une eau qui cesse "befoulmassiyos", lors du passage des troupes, et "ouvichné vatzaron", dans les saisons où la pluie fait défaut ; la règle concernant une telle source est "kechérin", elle est valable, tandis que Rabbi Yehouda soutient "possel", qu'elle est invalide. Une armée qui traverse une région puisera abondamment dans toutes les sources qu'elle rencontre et pourra même les abîmer au passage, et lorsque le ciel retient la pluie, la nappe baisse et les sources s'amincissent. Ni l'un ni l'autre de ces arrêts ne révèle un défaut propre à la source elle-même ; la source est simplement étranglée par les circonstances qui l'entourent. C'est pourquoi la michna la maintient apte à l'usage. Rabbi Yehouda adopte la position inverse et déclare qu'une telle source est elle aussi disqualifiée.
La michna nous a donc donné deux critères indépendants pour l'eau de la 'hatas : l'eau doit être saine dans sa qualité, ni salée ni tiède, et la source doit être fiable dans son écoulement, et non pas de celles qui viennent à manquer au cours d'un cycle de sept ans.