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Parah, chapitre 12, michna 8 : ce qui compte comme une seule pièce pour la toumah et pour l'aspersion

Parah, chapitre 12, michna 8. Les dernières michnayos de ce chapitre traitent de la question du hibour, la connexion : quand deux parties d'un objet sont considérées comme une seule unité, de sorte que la toumah qui atteint une partie parvienne aussi à l'autre, et que l'aspersion des mei hatas sur une partie vaille comme une aspersion sur l'ensemble. Notre michna commence pourtant par un cas à part : une cruche d'eau de hatas devenue temeah par l'extérieur.

Le laguin d'eau de hatas

La première clause présente un « laguin », une cruche faite pour contenir du liquide, qui sert ici à l'eau de la hatas, et la toumah n'a touché que sa surface extérieure : « chenitme'ou ahorav ». La règle est « nitme'ou toho », l'intérieur est entraîné lui aussi dans cette toumah. La michna élargit ensuite le cas : « oumetamei ess havero vahavero ess havero afilou hein me'ah ». Cette cruche transmet la toumah à une deuxième, la deuxième à une troisième, et la chaîne se poursuit même à travers cent récipients. Dans un cas ordinaire, la toumah s'arrêterait ; ici, le niveau de pureté exceptionnel exigé pour la hatas la fait voyager de récipient en récipient.

Une cloche et son battant

« Hazoug veha'inbal, hibour. » La cloche et le battant suspendu à l'intérieur sont traités comme une seule pièce. Conséquence pratique : si l'on asperge sur une partie, l'objet entier devient tahor, puisque les deux ne sont pas deux objets distincts mais un unique ustensile.

Le fuseau du vannier

Ensuite, « kouch chel rovan » : le rovan est une espèce de roseau avec laquelle on tresse des nattes, et le kouch est le fuseau employé dans ce métier. À son sujet, la michna enseigne « lo yazé », qu'il ne doit pas diriger l'aspersion « al hakouch », sur le fuseau, ni non plus « al hapika », sur la petite boule fixée à son extrémité. Aucune de ces deux parties n'est comptée comme le corps essentiel de l'instrument ; les gouttes doivent aller sur la tige. Malgré cela, la michna ajoute « ve'im hiza, houza » : s'il a effectivement aspergé sur le fuseau ou sur la pika, l'aspersion est valable, puisque toutes ces pièces sont réellement rattachées l'une à l'autre.

« Chel pichtan, hibour. » Pour le fuseau qui sert au lin, les parties sont considérées comme une connexion dès le départ, et l'aspersion est efficace où qu'elle tombe.

Un berceau, la planche d'un lit, et les manches

La michna passe au berceau : « ve'or chel arissah », la peau tendue sur le berceau, « chehou mehoubar lapikos », lorsqu'elle a été attachée aux boutons du cadre, est « hibour », de sorte que la peau et le cadre comptent comme un seul objet. La planche du cadre du lit, c'est autre chose : « hamalben eino hibour », et la michna précise que cela vaut dans les deux sens, « lo letoumah velo letaharah ». La toumah qui atteint l'un ne passe pas à l'autre, et les mei hatas aspergés sur l'un laissent l'autre exactement dans son état.

La clause finale : « kol yedos hakelim », tout manche d'ustensile, « hadhoukos », où une cavité a été creusée dans le bois et le métal de l'ustensile y a été enfoncé de force, a le statut de « hibour ». Rabbi Yohanan ben Nouri élargissait la règle en disant « af haharoukos », incluant aussi un manche dans lequel le métal est simplement coincé. Nous ne tranchons pas comme lui ; la halachah suit le premier avis, anonyme.

Le fil qui traverse toute la michna est une seule question posée encore et encore à propos d'objets domestiques ordinaires : est-ce une chose ou deux ? De la réponse dépendent à la fois le chemin de la toumah et la portée de l'aspersion qui apporte la taharah.