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Parah, chapitre 11, michna 8 : l'eizov déjà utilisé et l'eizov devenu humide

Parah, chapitre 11, michna 8. Cette partie du chapitre traite de l'eizov, l'hysope que l'on trempe dans les mei chatas pour asperger celui qui est tamei. Notre michna pose deux questions pratiques à son sujet : peut-on s'en servir une seconde fois pour une autre purification, et qu'advient-il de l'hysope cueillie dans un autre but qui devient humide ?

L'eizov qui a déjà servi

« Eizov chehiza bo, kacher letaher bo ète hametsora » : l'hysope avec laquelle on a déjà aspergé les mei chatas n'est pas pour autant épuisée. Elle reste apte à servir de nouveau, cette fois pour la purification d'un metzora, dont la taharah exige elle aussi de l'eizov. Avoir servi une fois pour une taharah ne la disqualifie pas pour une autre.

Quand un liquide tombe sur l'eizov

La suite de la michna repose sur les lois de la réceptivité à la tumah. Un produit ne devient capable de recevoir la tumah qu'à partir du moment où il a été mouillé par l'un des liquides qui le rendent mekabel tumah, et seulement s'il est destiné à la consommation. Le bois ramassé pour être brûlé n'est pas un aliment : l'humidité ne le rend donc pas réceptif.

Supposons que l'hysope ait été cueillie dans l'intention d'en faire du bois de chauffage, « lekato le'etsim », et qu'ensuite un liquide se soit répandu dessus, « venaflou alav machkine ». La michna tranche : « menagvo vehou kacher », il essuie la tige et peut encore la tremper dans les mei chatas. Puisque son intention au moment de la cueillette l'a désignée comme du bois et non comme un aliment, le fait d'avoir été mouillée ne lui a jamais donné la capacité de contracter la tumah.

« Lekato le'okhline, venaflou alav machkine, af al pi chenigvo, passoul » : s'il l'a cueillie comme aliment et qu'un liquide est tombé dessus, elle est inapte même après avoir séché. Dès lors que l'hysope a été destinée à la consommation, le liquide l'a rendue réceptive à la tumah, et l'essuyer ensuite n'annule pas ce statut.

La cueillir pour la chatas elle-même

« Lekato lechatas, kenilkato le'okhline, divré Rebbi Meïr » : s'il a cueilli l'hysope précisément pour l'utiliser avec les mei chatas, Rebbi Meïr estime que sa loi est celle de l'hysope cueillie comme aliment : elle devient elle aussi réceptive à la tumah lorsqu'un liquide tombe dessus.

L'enseignement de la michna est que l'aptitude de l'eizov ne dépend pas seulement de ce qu'il est, mais de ce que la personne avait en tête en le cueillant. La même tige, cueillie avec une intention, demeure apte après avoir été mouillée ; cueillie avec une autre, elle est perdue pour l'aspersion, même une fois sèche.