Parah, chapitre 7, michna 7. Ce chapitre tourne autour d'un seul principe : tant qu'une personne est occupée à puiser l'eau destinée au 'hatas, à la sanctifier avec les cendres ou à en faire l'aspersion, elle ne doit se mêler d'aucun travail extérieur. Tout acte qui ne sert pas l'œuvre sacrée elle-même compte comme une melacha, et une melacha accomplie au milieu du processus rend l'eau passoul. Notre michna applique cela à un geste des plus ordinaires : ce qu'une personne fait de la corde qu'elle tient en main pendant qu'elle remonte le seau du puits.
Voici les mots de la michna. "Hame'hanein es ha'hevel", celui qui ramasse la corde, "al yad al yad", main après main, en recueillant une longueur après l'autre à mesure qu'il avance, "kacher" : l'eau qu'il puise reste apte. "Ve'im kineno ba'a'harona, passoul" : mais s'il laisse l'enroulement pour la toute fin, le faisant une fois le travail achevé, l'eau est disqualifiée.
Imaginons la scène. Une personne descend sa cruche dans l'eau, et tandis qu'elle hisse le récipient plein, la corde s'accumule entre ses mains. Elle l'enroule autour de sa main au fur et à mesure, longueur par longueur, au rythme du puisage. Cet enroulement n'est pas du tout un acte séparé ; il fait partie de la manière dont on remonte l'eau d'un puits. Puisque l'enroulement était nécessaire au recueil même, il ne constitue pas une melacha, et l'eau puisée est apte.
Mais s'il a d'abord achevé le puisage, si bien que l'eau était déjà recueillie et posée là, et qu'ensuite seulement il a pris la corde pour l'enrouler, cet enroulement ne sert plus en rien au puisage de l'eau. Il est devenu un acte à part entière, un travail extérieur accompli pendant le processus sacré, et l'eau est inapte.
Une seconde opinion suit. Rabbi Yossi déclare : "vezeh hechchero hora'as cha'a", cette déclaration d'aptitude n'était qu'une hora'as cha'a, une décision rendue à Yavné sous la contrainte du moment, et non une halacha permanente. Et Rabbi Yossi précise exactement quelle situation cette mesure d'urgence couvrait. Elle s'appliquait ici, au ramassage de la corde pendant que l'eau est remontée, et non à la décision énoncée juste avant, où une personne avait déplacé la corde au delà de l'endroit où elle était réellement nécessaire. Il rattache l'autorisation temporaire à son propre cas, afin que personne ne l'étende à un cas pour lequel elle n'a jamais été accordée.
La leçon de cette michna, c'est la finesse de la limite. Un seul et même geste, enrouler une corde autour de sa main, est soit une partie de la mitsva, soit un travail étranger qui gâte l'eau, et la seule différence est de savoir s'il servait encore le puisage au moment où il a été fait.