Parah, chapitre 11, michna 7. La seconde partie de ce chapitre se tourne vers l'eizov, cette plante d'hysope que l'on lie, que l'on plonge dans les mei chatas et avec laquelle on asperge une personne ou un ustensile tamei. La Torah dit simplement eizov, et de ce seul mot la michna tire toute une série de règles : quelles plantes conviennent, lesquelles sont invalides, et quelles parties de la plante on peut employer.
L'eizov et l'eizov qui porte un second nom
La michna pose le principe directeur : « Kol eizov cheyèch lo chèm levaï, passoul ». Toute hysope qui porte un nom accompagnateur, un qualificatif attaché au mot eizov, est inapte à l'aspersion. « Eizov zè, kachèr » : l'hysope simple, celle dont le nom est seulement eizov et rien de plus, est valide. La Torah a demandé de l'eizov, non une variété d'eizov.
Viennent ensuite les exemples. L'« eizovyon » est une hysope utilisée comme remède contre les vers intestinaux. Il y a aussi la variété teintée de bleu, l'« eizov kochali » ; l'espèce romaine, l'« eizov romi » ; et celle qui pousse dans le désert, l'« eizov midbari ». Sur toutes, la michna tranche : « passoul ». Chacune est une espèce particulière d'hysope et non de l'hysope pure et simple, aucune n'est donc acceptable pour être employée avec les mei chatas.
L'hysope qui est terumah
« Vechèl terumah temeah, passoul ». L'hysope qui a le statut de terumah et qui est devenue tameah est disqualifiée pour l'aspersion. « Vechèl tehorah, lo yazè, veïm hizah, kachèr ». L'hysope de terumah encore tehorah ne doit pas servir à asperger lekhatkhila, mais si on l'a tout de même utilisée, l'aspersion est valable après coup.
Quelle partie de la plante
« Ein mazin lo beyonkot velo bitmarot ». On n'asperge ni avec les yonkot, les jeunes pousses, ni avec les temarot. Que sont les temarot ? L'explication la plus largement acceptée, celle du Roch et du Bartenoura, est qu'il s'agit des baies de la plante. La Tossefta propose une autre lecture : ce seraient des branches tendres qui n'ont pas encore fleuri. Nous suivons la compréhension habituelle, celle des baies.
Entrer dans le Mikdach après une telle aspersion
Puisqu'une aspersion faite avec les yonkot est invalide, celui qui a été aspergé de cette manière reste tamei. La michna enseigne pourtant : « Veein 'hayavin al hayonkot al biat hamikdach ». On n'est pas passible de sanction pour être entré dans le Mikdach après avoir été aspergé avec de jeunes pousses. Concrètement, une telle personne n'est pas traitée comme quelqu'un qui est entré dans le Sanctuaire en état de tumah.
Rebbi Eliézer étend cette règle : « Af al hatmarot », la même indulgence s'applique à celui qui a été aspergé avec les baies. La halakha, cependant, ne tranche pas selon Rebbi Eliézer.
Enfin, la michna définit son terme : « Eilou hein hayonkot : guivolin chelo gamlou ». Les jeunes pousses sont les tiges qui ne sont pas encore arrivées à maturité.
Le fil qui traverse toute cette michna est celui de la précision. Les mei chatas sont aspergés avec de l'eizov, et le mot de la Torah est pris exactement tel qu'il est : ni une variété portant un nom, ni une tige non mûre, ni une baie, mais l'hysope elle-même.