Parah, chapitre 5, michna 6. Ce chapitre traite des récipients utilisés pour la préparation des eaux de 'hatas : puiser l'eau de source et accomplir le kidouch, c'est-à-dire y déposer les cendres de la parah adoumah. Un récipient fait de presque n'importe quelle matière convient, mais il faut qu'il s'agisse véritablement d'un récipient. Notre michna présente deux cas limites où les Tanaïm divergent : l'objet devant nous mérite-t-il ou non ce nom ?
L'oeuf des potiers
Premier cas de la michna : "Beitsas hayotsrim kechérah", l'oeuf des potiers est valide. À l'opposé, "Rabbi Yossi possel" : Rabbi Yossi estime qu'un tel objet ne peut pas servir.
De quoi s'agit-il ? Les artisans qui travaillent la terre cuite préparent des boules d'argile arrondies, creusées d'une cavité au milieu, à peu près de la taille et de la forme d'un oeuf, et ils en gardent une réserve toute prête. Lorsque le potier veut fabriquer un ustensile précis, il prend l'une de ces formes préparées et la façonne jusqu'à obtenir l'objet fini. Le premier avis soutient que, puisque la cavité contient déjà du liquide, l'objet a le statut de récipient et les eaux de 'hatas peuvent y être sanctifiées. Rabbi Yossi le rejette : à ses yeux, rien ici ne mérite le nom de récipient, car l'argile n'est encore qu'une matière en cours de travail, en attente de la forme que son fabricant lui destine.
L'oeuf de la poule
Second cas : "Beitsas hatarnegoles", l'oeuf de la poule, c'est-à-dire la coquille elle-même. Ici, "Rabbi Méir veRabbi Yehoudah mach'chirin", tous deux autorisent d'y sanctifier l'eau, tandis que "va'Ha'hamim posslin", les 'Ha'hamim tranchent qu'elle est inapte.
Selon le raisonnement de Rabbi Méir et de Rabbi Yehoudah, la coquille fait office de contenant, si bien que les eaux de 'hatas peuvent y être sanctifiées. Les 'Ha'hamim répondent qu'une coquille de ce genre n'a tout simplement pas le statut de récipient, et leur position est la halakhah retenue.
Les deux parties de la michna reposent sur la même question. Un creux qui retient de l'eau n'est pas pour autant un récipient. L'argile qui n'a pas encore été façonnée en ustensile, et la coquille qui n'a jamais été façonnée du tout, n'ont pas le statut qu'exigent les eaux de 'hatas.