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Para, chapitre 8, michna 6 : comment un ustensile de terre cuite atteint un autre

Para, chapitre 8, michna 6. À mesure que ce chapitre quitte les lois du mei 'hatas, il aborde des principes généraux de toumah et de taharah, et tout particulièrement la sévérité spéciale que les 'Ha'hamim ont attachée aux liquides devenus temeïm. Notre michna applique ce principe à la terre cuite.

Écoutons la formulation : "Ein kli 'hérès", un ustensile de terre cuite, "metamé 'havero", ne transmet pas la toumah à son ustensile compagnon, "éla mashké", cette tâche revient au liquide seul. Et la michna poursuit : "Nitma mashké", dès lors que le liquide a lui-même contracté la toumah, "timahou", il rend ce second ustensile tamé.

Deux règles établies se combinent pour produire cette halakhah. Les ustensiles ne contractent la toumah que d'un av hatoumah, la toumah à son degré le plus élevé, celle qui se tient à la tête de la chaîne. Or la terre cuite, quelle que soit la quantité de toumah qu'elle ait absorbée, n'est jamais capable de s'élever à ce degré. Résultat : un ustensile de terre cuite tamé n'a aucun moyen direct de transmettre sa toumah à un second ustensile. Une seule voie lui reste ouverte, et cette voie, c'est le liquide.

Dès lors, une fois qu'un liquide a touché la terre cuite temeah et en a reçu la toumah, ce liquide est désormais en mesure de transmettre la toumah à un autre ustensile. Là encore, nous avons affaire à une rigueur rabbinique, et son modèle est l'écoulement d'un zav. Un tel écoulement possède le rang d'av hatoumah et, au niveau de la loi de la Torah, il rend les ustensiles temeïm. À partir de ce modèle, les 'Ha'hamim ont donné au liquide tamé un pouvoir comparable sur les ustensiles.

La michna saisit l'étrangeté de cette chaîne en mettant des paroles dans la bouche du second ustensile : "Harei zé omer", celui-ci déclare, "metamé'ha lo tim'ouni", ce qui t'a donné ta toumah n'avait pas le pouvoir de me donner la mienne, "vé'atah timtani", et voilà que toi, tu m'as rendu tamé. La terre cuite, à jamais empêchée de détenir le rang d'av hatoumah, n'aurait pas pu modifier le statut de cet ustensile le moins du monde. Le liquide, dont la toumah ne provient de nulle part ailleurs que de cette même terre cuite, en est pourtant capable, et il le fait.

L'image qui se dégage est précise : la terre cuite ne peut transmettre sa toumah à un autre récipient par elle-même, mais un liquide qui a contracté la toumah à son contact devient le messager qui porte cette toumah plus loin que sa propre source n'aurait jamais pu le faire.