Para, chapitre 12, michna 6. Ce chapitre est consacré à l'ézov, l'hysope avec laquelle on asperge les mé 'hatas (les eaux de la para adouma), ainsi qu'aux nombreuses rigueurs que la Torah et les 'Ha'hamim ont attachées à tout ce qui touche à la 'hatas. Notre michna pose la question suivante : que se passe-t-il lorsque l'ézov elle-même est tamé ?
La michna commence ainsi : "Hamazé be'ézov tamé", celui qui asperge avec une ézov devenue tamé. La règle se divise ensuite selon la taille de cette ézov.
Une ézov du volume d'un ké-beitsa
"Im yech bo ké-beitsa, hamayim pessoulim veh'aza'ato pessoula" : si l'ézov tamé a le volume d'un œuf, l'eau est invalide et l'aspersion est invalide. La raison tient au chiour qui régit la toumas o'hlin : un aliment tamé ne transmet sa toumah plus loin que s'il possède la mesure d'un ké-beitsa. Ici, l'ézov avait été cueillie comme nourriture, elle est donc susceptible de contracter la toumah en tant qu'aliment, et puisqu'elle atteint le volume d'un ké-beitsa, elle transmet sa toumah à tout ce qu'elle touche. Trempée dans les mé 'hatas, elle rend l'eau tamé, et dès lors que l'eau est passoul, l'aspersion faite avec elle n'accomplit rien.
Une ézov plus petite qu'un ké-beitsa
"Ein bo ké-beitsa, hamayim kécherim veh'aza'ato pessoula" : si l'ézov n'atteint pas le volume d'un ké-beitsa, l'eau reste valide, mais l'aspersion demeure malgré tout invalide. Deux points distincts entrent en jeu. Comme l'ézov n'a pas la mesure d'un ké-beitsa, elle n'a aucun pouvoir de transmettre sa toumah : l'eau dans laquelle elle a été trempée reste donc cachère et peut servir à une autre aspersion. Pourtant, l'aspersion effectuée avec cette ézov n'est pas valable, car l'ézov utilisée pour les mé 'hatas doit elle-même être tehora, et elle doit avoir été cueillie en vue de l'aspersion. Or cette ézov a été cueillie comme nourriture, non pour la 'hatas, et elle est tamé par-dessus le marché. À ces deux titres, elle est disqualifiée pour l'avoda de l'aspersion.
Une chaîne de toumah sans fin
La michna conclut : "oumetamé ète 'havéro, veh'avéro ète 'havéro, afilou hein méa". L'ézov tamé rend tamé une autre ézov, celle-ci en rend une troisième tamé, et ainsi de suite, même jusqu'à cent. C'est là l'une des 'houmros bien connues de la 'hatas : dans les lois ordinaires de la toumah, chaque degré est plus faible que le précédent jusqu'à ce que la chaîne s'épuise, mais s'agissant de la 'hatas, la toumah se transmet de l'un à l'autre sans s'affaiblir, quelle que soit la longueur de la série.
Notre michna nous enseigne donc à la fois la différence pratique que fait le chiour d'un ké-beitsa pour l'eau, et l'exigence indépendante selon laquelle l'ézov doit être tehora et destinée à l'aspersion pour que la haza'ah soit tout simplement valable.