Parah, chapitre 8, michna 5. Après avoir longuement traité des mei 'hatas et des eaux qui peuvent ou non servir avec les cendres de la parah adoumah, le chapitre passe maintenant à des principes plus larges de toumah et de taharah, et tout particulièrement au pouvoir inhabituel que les Sages ont accordé aux liquides devenus tamei.
La michna s'ouvre sur une règle générale, qu'il vaut mieux prendre membre de phrase par membre de phrase. "Kol vlad hatoumos" : toute toumah qui n'est qu'un dérivé, un niveau issu de la toumah et non la toumah à sa source ; "eino metamei keilim" : une telle toumah n'a pas le pouvoir de rendre les ustensiles tamei ; "ela machké" : le liquide constitue à lui seul l'exception. Et la michna d'ajouter : "Nitma machké", si ce liquide contracte lui-même la toumah, "timan", il la transmet à son tour aux ustensiles.
Deux expressions demandent ici une définition. Un vlad hatoumah, un enfant de la toumah, désigne ce qui porte la toumah au premier ou au second degré. En face se tient l'av hatoumah, la toumah dans sa force première, non diluée. La Torah ne rend les ustensiles réceptifs qu'à cette dernière ; lorsque la toumah n'est qu'un niveau dérivé, elle ne trouve dans l'ustensile aucune prise, et celui-ci demeure tahor.
À cette règle de la Torah, les Sages ont attaché une seule exception, et c'est précisément l'objet de notre michna : le liquide. Un liquide touché par une toumah dérivée contracte bel et bien la toumah, et une fois tamei il la transmet aux ustensiles. La Torah n'a jamais légiféré en ce sens ; il s'agit d'une rigueur rabbinique, que les Sages ont calquée sur l'écoulement d'un zav, un liquide que la Torah elle-même classe au plus haut degré de toumah et qui transmet effectivement la toumah aux ustensiles. Soucieux de voir tenir fermement les barrières de la toumah, ils ont traité tout liquide tamei avec une sévérité correspondante.
Il en résulte une chaîne singulière, que la michna met en scène en faisant parler l'ustensile. "Harei zeh omer", l'ustensile déclare au liquide : "metam'akha lo tim'ouni", ce qui t'a transmis la toumah n'avait sur moi aucun pouvoir ; "ve'atah timasentani", et pourtant, toi, tu es allé jusqu'à me rendre tamei. Face à l'ustensile directement, la toumah dérivée n'obtenait rien. Le liquide, qui a pourtant reçu sa toumah de ce même objet, réussit ce que sa propre source ne pouvait accomplir.
L'enseignement de la michna est donc double. D'abord, les ustensiles sont protégés de la toumah dérivée par la loi de la Torah, et seul un av hatoumah les atteint. Ensuite, les liquides échappent à cette protection : dès qu'un liquide est devenu tamei, il porte sa toumah plus loin que la source dont il l'a reçue.