Para, chapitre 5, michna 5. Ce chapitre traite des récipients utilisés dans la préparation de l'eau de 'hatas : le récipient dans lequel on puise l'eau de source, et celui dans lequel on dépose les cendres de la para adouma dans cette eau, geste appelé kiddouch, la sanctification de l'eau. Notre michna enseigne quels types de récipients conviennent pour cela et, tout aussi important, ce qui ne mérite pas du tout le nom de récipient.
Tous les récipients conviennent
La michna s'ouvre sur une permission très large : "Be'khol hakelim mekaddechin", le kiddouch peut se faire dans n'importe quel récipient. Elle énumère ensuite des exemples dont on aurait pu douter : "afilou bikhli gelalim", même un ustensile façonné dans de la bouse de bétail séchée, de même "bikhli avanim", un ustensile taillé dans la pierre, et "ouvikhli adama", un ustensile modelé dans de la terre jamais passée au four. Pourquoi nommer précisément ces trois-là ? Parce que ce ne sont pas les matériaux dont on fait habituellement les ustensiles domestiques : on aurait donc pu supposer qu'ils étaient inaptes. La michna enseigne que pour cet usage ils conviennent pleinement. Un cas de plus est ajouté : "Ouvisfina mekaddechin bah", l'eau peut même être sanctifiée à l'intérieur d'un bateau.
Ce qui n'est pas un récipient
Après avoir montré l'ampleur de cette permission, la michna en trace maintenant la limite. "Ein mekaddechin", on ne fait pas la sanctification "bedofnos hakelim", dans les parois détachées d'ustensiles brisés, ni "bechoulei hama'hats", dans la partie inférieure d'une louche à puiser, ni "bimgoufas he'havis", dans le bouchon qui ferme un tonneau de vin, ni "be'hofnav", dans les deux paumes d'une personne tenues jointes.
Une raison est jointe à cette liste : "Mipnei che'ein memalin", le puisage de l'eau de source, "ve'ein mekaddechin", le mélange des cendres, "ve'ein mazin", et l'aspersion de la "mei 'hatas" achevée, ne sont valables chacun "ella bikhli", qu'au moyen d'un véritable récipient. Un tesson, un bouchon de tonneau, un éclat brisé d'ustensile ou deux paumes creusées peuvent parfaitement retenir un liquide, mais aucun d'eux ne possède le statut de récipient, et chaque étape de l'eau de 'hatas en exige un.
Le tsamid patil requiert aussi un récipient
Pour conclure, la michna cite une règle parallèle dans le domaine de la touma : "Ein matsilin betsamid patil", un couvercle hermétiquement scellé sauve son contenu de l'impureté dans un seul cas, "ella kelim", lorsque le contenant est un récipient ; "che'ein matsilin", car la protection contre l'impureté transmise "miyad kli 'heres", par un récipient de terre cuite, n'appartient qu'aux récipients.
La terre cuite a une particularité : sa surface extérieure n'est pas susceptible de touma. Les autres récipients des sortes énumérées au début de notre michna ne sont pas du tout susceptibles de touma. De tels récipients, lorsqu'ils sont fermés d'un couvercle qui les scelle hermétiquement, préservent leur contenu de devenir impur. Mais cette protection est une propriété du récipient. Ce qui ne porte pas le nom de récipient ne gagne rien à être hermétiquement scellé, et ce qui se trouve à l'intérieur n'est pas protégé.
Le fil qui traverse toute la michna est donc unique : les matériaux peuvent être modestes, jusqu'à la bouse de bétail ou le creux d'un bateau, mais l'objet doit être un véritable récipient. Là où il n'y a pas de récipient, il n'y a ni kiddouch de l'eau de 'hatas ni protection contre la touma.