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Para, chapitre 10, Michna 5 : faire passer un laguin au-dessus d'un four

Para, chapitre 10, Michna 5. Ce chapitre traite des rigueurs supplémentaires qui s'appliquent à tout ce qui est pur pour le 'hatas, c'est-à-dire les cendres de la para adouma et l'eau sanctifiée avec elles. Tout ce qui n'est pas lui-même pur pour le 'hatas transmet l'impureté à une personne ou à un ustensile qui l'est, et même un contact indirect peut suffire. Notre michna rapporte une controverse au sujet d'un cas où rien n'a touché quoi que ce soit : un ustensile a simplement été transporté dans l'air, au-dessus d'un endroit impur pour le 'hatas.

Le cas

"Haya omed 'houts la-tanour", il se tenait du côté extérieur du four, "ou-pachat yado la-'halon", et il tendit le bras vers la fenêtre, "ve-natal ess ha-laguin", et il y prit le laguin, "ve-he'éviro al gabei ha-tanour", en le faisant passer au-dessus du four. "Rebbi Akiva metamé", Rebbi Akiva déclare qu'il est devenu tamé, "ve-'Ha'hamim metaharin", tandis que les 'Ha'hamim déclarent qu'il reste tahor.

Représentons-nous la scène. Un homme gardé en tahara pour le 'hatas se trouve de l'autre côté d'un four, le four se dressant entre lui et une fenêtre. Il tend le bras par-dessus, saisit un laguin, une cruche d'eau de 'hatas posée sur le rebord, et le ramène vers lui. Au cours de ce mouvement, la cruche traverse l'air juste au-dessus du four.

La controverse

Rebbi Akiva estime que l'eau de 'hatas a contracté l'impureté. Il applique ici un principe qui est le sien et qui apparaît ailleurs dans ce traité : un objet en mouvement dans l'air est considéré comme s'il était déjà descendu et posé en dessous. Puisque la trajectoire de la cruche l'a fait passer au-dessus d'un four, un endroit dépourvu de pureté pour le 'hatas, on considère qu'elle y a reposé, et la cruche comme son eau sont donc tamé.

Les 'Ha'hamim ne sont pas d'accord. Ils n'admettent pas que le passage dans l'air soit équivalent à un repos, et donc rien ici n'a touché quoi que ce soit d'impur. La cruche demeure pure, et la hala'ha suit les 'Ha'hamim.

Ce que l'on peut tenir au-dessus du four

La michna poursuit : "Aval omed hou", mais il lui est permis de se tenir, "ha-tahor le-'hatas", cet homme qui a été maintenu en tahara pour le 'hatas, "al gabei tanour", directement sur le four, "ou-ve-yado kli reikan tahor le-'hatas", en tenant un ustensile vide qui a été gardé en tahara pour le 'hatas, "ou-mayim che-einan mekoudachin", ou bien de l'eau dans laquelle les cendres n'ont pas encore été déposées.

La rigueur du premier cas se limite aux cendres de la vache elles-mêmes et à l'eau déjà sanctifiée avec elles ; ce sont elles seules qu'il faut préserver d'un endroit dépourvu de pureté pour le 'hatas. Un ustensile désigné et gardé en tahara pour le 'hatas mais qui se trouve être vide, et de même de l'eau puisée mais pas encore mélangée aux cendres, ne tombent sous aucune restriction de ce genre. D'où la décision énoncée ici : l'homme qui les porte peut se placer en plein sur le four, et on peut même les poser dans un endroit où la tahara ne règne pas.