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Para, chapitre 6, Michna 2 : des cendres qui ont touché l'eau

Para, chapitre 6, Michna 2. Ce perek traite de l'acte de kidouch, la sanctification de l'eau de source par le dépôt des cendres de la para adouma, ainsi que des incidents qui peuvent survenir au milieu de cet acte. Notre Michna présente deux incidents de ce genre, et dans chacun la question est la même : après que les cendres sont déjà entrées en contact avec l'eau, peut-on encore les reprendre et s'en servir pour un nouveau kidouch ?

Premier cas : des cendres qui flottent à la surface

La Michna commence ainsi : « Hakidouch tsaf al pené hamayim », les cendres destinées à la sanctification ont flotté à la surface de l'eau au lieu de couler et de se mélanger à elle. Rabbi Meïr et Rabbi Chimon tranchent « notel oumekadech », il peut retirer ces cendres de l'eau et s'en servir pour sanctifier. À leurs yeux, des cendres qui se sont simplement posées sur l'eau n'ont encore rien accompli, et elles conservent leur statut de cendres disponibles pour un kidouch.

Les Sages adoptent la position inverse, et ils la formulent comme une règle générale : « kol chenaga bamayim », tout ce qui est entré en contact avec l'eau, « ein mekadchin bo », ne peut plus servir de moyen de sanctification. Pour eux, le contact lui-même est déterminant, et ces cendres flottantes ont achevé leur rôle.

Second cas : des cendres retrouvées au fond

Voici maintenant le second incident : « zalaf ess hamayim », il a versé l'eau hors du récipient, « venimtsa kidouch milmata », et les cendres se trouvaient au fond, ayant coulé à travers l'eau sans se mélanger à elle. Rabbi Meïr et Rabbi Chimon autorisent là encore un second usage, « menaguev oumekadech » : il les essuie pour les sécher et accomplit avec elles le kidouch. Les Sages, quant à eux, appliquent exactement la même règle que précédemment, « kol chenaga bamayim », dès lors que l'eau l'a touché, « ein mekadchin bo », cela ne convient plus pour sanctifier.

La halakha

Dans ces deux controverses, la halakha suit les 'Hakhamim. Même si les cendres ont d'abord été séchées, le fait qu'elles ont une fois touché l'eau est décisif : par ce contact, la mitsva de kidouch a déjà été accomplie par leur intermédiaire, et des cendres qui ont déjà servi à un kidouch ne sont plus aptes à servir de nouveau à sanctifier de l'eau.

L'enseignement de cette Michna est donc que l'instant du contact entre les cendres et l'eau est l'instant halakhiquement significatif. Que les cendres soient restées au-dessus de l'eau ou qu'elles se soient déposées en dessous, elles ont joué leur rôle, et on ne peut plus les récupérer pour un second acte de sanctification.