Para, chapitre 1, Michna 2. Cette massekhta est consacrée à la vache rousse dont les cendres purifient une personne de la toumas meis, un animal que la Torah elle-même désigne comme un 'hatas, un sacrifice expiatoire. La première Michna du chapitre a précisé à partir de quand une femelle n'est plus appelée egla mais bien para. Notre Michna aborde maintenant la question correspondante du côté des mâles : à quel âge un par, un taureau, est-il apte à être offert comme korban ?
La discussion
« Parim bnei chtayim » est l'avis de Rabbi Yossei HaGuelili : un taureau apporté sur le mizbéa'h est dans sa deuxième année. Sa source est un passouk de Bamidbar qui parle de prendre « oufar chéni ben bakar » comme 'hatas. Le mot chéni, littéralement « deuxième », il le comprend comme se référant non pas à l'ordre des offrandes mais à l'âge de l'animal : celui-ci se trouve dans sa deuxième année.
« Va'hakhamim omrim : af bnei chaloch. » Les 'hakhamim ne sont pas d'accord et autorisent même un taureau de trois ans.
Rabbi Méir élargit encore la fourchette : « af bnei arba », même ceux qui sont dans leur quatrième année, et « ouvnei 'hamech, kchéirim », ceux de cinq ans sont eux aussi aptes. Il ajoute une réserve : « ela chéein mevi'im zekénim mipnei hakavod. » On n'apporte pas en pratique des animaux âgés, à cause du kavod. Conduire devant Hachem une bête usée et vieille n'est pas une manière digne de faire l'avoda, et donc, aussi cachère qu'un tel taureau puisse être, on ne l'offre pas.
Une distinction à remarquer
Ce raisonnement de l'honneur appartient à l'avoda du Beis Hamikdach. Or la Para Adouma ne s'accomplit pas à l'intérieur du Beis Hamikdach, si bien que cette considération ne la régit pas. Là, comme la Michna d'ouverture du chapitre l'indiquait, la raison pour laquelle on ne laisse pas l'animal vieillir est tout autre : avec les années, des poils risquent de noircir, et un poil noir rend la vache invalide. Au Mikdach, le souci est l'honneur dû au korban ; pour la Para Adouma, le souci est la couleur des poils.
Cette Michna nous laisse donc avec deux âges et deux raisons : les années durant lesquelles un taureau peut être apporté comme korban, et le rappel que ce que nous offrons à Hachem doit être offert avec dignité.