Para, chapitre 11, michna 1. Ce chapitre s'intéresse à la vigilance qu'exigent les mei 'hatas une fois qu'on les a déjà en main. L'eau mêlée aux cendres de la para adouma est l'eau d'aspersion, celle qui fait sortir une personne de la toumah pour l'amener à la taharah, et elle ne peut accomplir son office que si elle a elle-même été gardée de toute toumah. Notre michna présente le cas d'une fiole laissée seule, sans surveillance, et demande ce que nous devons supposer qu'il lui est arrivé pendant que personne ne la regardait.
Trouvée couverte. « Tselo'his shehini'ha megoula, ouva oumatsa me'housa, pesoula » : quelqu'un pose une fiole d'eau de 'hatas sans aucun couvercle dessus, et lorsqu'il revient, la fiole est couverte. L'eau ne peut plus servir. Suivons le raisonnement : les couvercles ne se posent pas d'eux-mêmes sur les fioles. Une main humaine est nécessairement intervenue, et la majorité des gens ne prennent aucune précaution pour se maintenir aptes à s'occuper de 'hatas. Dès lors que nous savons qu'une personne est venue manipuler la fiole, nous devons compter qu'il lui manquait la taharah qu'exige la 'hatas, et que son contact a ruiné l'eau.
La fiole laissée couverte. « Hini'ha me'housa, ouva oumatsa megoula » : ici la situation est inversée. Il a laissé la fiole couverte et il la retrouve ouverte. Le fait qu'elle soit découverte ne prouve pas, à lui seul, qu'un être humain soit passé là. Un homme a certes pu retirer le couvercle, mais un animal aussi. La michna ne disqualifie donc pas l'eau automatiquement ; elle demande plutôt ce qu'un animal a pu lui faire.
Deux possibilités occupent la michna. La première est celle d'une créature qui boit : « im ye'holah ha'houlda », si une belette a pu atteindre la fiole, « lishtos heimena », pour y boire, l'eau est disqualifiée, et Rabban Gamliel ajoute le serpent à la liste, « o na'hash ». La seconde ne fait intervenir aucun être vivant : si la fiole est restée ouverte toute la nuit, de sorte que de la rosée a pu y tomber, « sheyeired bo tal balayla », l'eau est également inapte. Telle est la halakha retenue.
L'eau de 'hatas et le couvercle hermétique. « Ha'hatas eina nitsoles betsamid patil. » En règle générale, un ustensile qui se trouve sous la même tente qu'un meis est protégé s'il est fermé par un couvercle parfaitement ajusté, un tsamid patil. La 'hatas fait exception : un tel scellement ne la sauve pas. L'eau dans laquelle les cendres de la para ont déjà été mêlées, ou les cendres elles-mêmes posées dans un récipient, deviennent impures dans une pièce où se trouve un mort, même si le récipient est hermétiquement fermé.
D'où vient une telle rigueur ? L'Écriture ordonne que les restes brûlés de la para soient déposés hors du camp, dans un endroit qui soit tahor, et c'est cette exigence d'un lieu tahor qui nous enseigne que la 'hatas ne tire aucune protection d'un couvercle hermétiquement scellé.
Avant l'ajout des cendres. « Oumayim she'einan mekoudashin », une eau qui n'a pas encore été sanctifiée, « nitsolin betsamid patil » : cette eau suit la halakha ordinaire. Scellée dans un ustensile dont le couvercle s'ajuste exactement, elle demeure tehora même sous le toit d'une tente qui abrite un cadavre. Ce n'est qu'à partir du moment où les cendres la transforment en 'hatas que la règle plus stricte s'applique.
La michna nous a donc enseigné deux formes de vigilance : savoir lire les indices de ce qui a pu arriver à une fiole laissée sans garde, et reconnaître que l'eau de 'hatas jouit de moins de protection contre la toumah que presque tout ce que nous manipulons par ailleurs.