Ohalos, chapitre 5, mishnah 7. Notre chapitre s'est occupé de la capacité d'un keli qui n'est pas mekabel toumah (susceptible de recevoir la toumah) à barrer la route à la toumah et à protéger ce qui se trouve en lui. Jusqu'ici, tous les cas se passaient à l'intérieur d'un bâtiment : un keli recouvrant une ouverture dans le sol et agissant de concert avec l'ohel, de sorte que la toumah d'un meis situé en dessous ne monte pas à l'étage supérieur. Notre mishnah enseigne que ce même principe s'applique aussi hors d'un bâtiment, et elle apporte deux cas où un keli s'appuie de l'extérieur contre les parois d'un ohel.
La règle générale
La mishnah commence par un kelal (une règle générale) : « Kesheim shematzilin mibifnim, kach matzilin mibachutz », de même qu'ils protègent de l'intérieur, ainsi protègent-ils de l'extérieur. Tout le pouvoir protecteur que possèdent à l'intérieur les keilim incapables de devenir teméim, ils le possèdent également à l'extérieur. Et la condition est celle que nous connaissons déjà : « im defanos ha'ohalim », à condition que ce soit avec les parois des ohalim. Livré à lui-même, le keli n'accomplit absolument rien ; tout son statut protecteur ne lui vient que de son association avec un ohel.
À première écoute, cela intrigue. Dans une maison, le tableau est clair : une fosse creusée dans le sol dont le rebord dépasse légèrement du plancher, un grand panier posé par-dessus l'ouverture, et la toumah d'en bas est retenue parce que le panier travaille en association avec l'ohel de la maison. Mais que veut dire protéger depuis l'extérieur d'un bâtiment ? C'est pour cela que la mishnah dit « keitzad », de quelle manière ?, et donne un cas.
La kefishah posée sur des piquets
« Kefishah shehi nesunah al hayeseidos » : nous avons devant nous un grand panier tressé, du type utilisé pour les olives, dressé sur des piquets, sur de courtes pattes, et non posé directement sur le sol. Une kefishah de ce genre ne peut pas devenir temeiah, car sa contenance est de quarante seah, et les keilim de bois qui contiennent une telle quantité échappent à la toumah. Elle se trouve dehors, l'un de ses côtés plaqué contre le mur de la maison.
Le Bartenoura insiste : il faut qu'elle soit véritablement appuyée contre ce mur. Il existe deux guirsaos (deux versions) dans ses paroles : selon l'une, il suffit que le panier se tienne à moins d'un tefach du mur ; selon l'autre, le mot tefach est absent et le panier doit être collé au mur lui-même.
Imaginons maintenant quelqu'un qui passe près d'une telle maison : il voit un large panier rond monté sur pattes, appuyé à plat contre le mur, et se demande ce qu'il fait là. Voici la question halakhique. « Vetumah tachteha » : il y a de la toumah sous le panier, et il y a de la place pour cela, puisque le panier repose sur des pattes et qu'un espace subsiste en dessous. Quel est le statut des keilim déposés à l'intérieur du panier ?
La halakhah est : « keilim sheba'kefishah tehorin », les keilim qui se trouvent dans la kefishah sont tehorim. Parce qu'elle touche la maison, la kefishah acquiert elle-même le statut d'un ohel, emprutant le mur de la maison pour lui servir de paroi. Quant au panier, il ne peut pas recevoir la toumah. Toutes les conditions sont donc réunies, si bien que même lorsqu'un meis se trouve juste en dessous, les keilim posés dans la kefishah restent tehorim. C'est exactement le type de coopération entre un keli et les parois d'un ohel que la mishnah exigeait.
Pourquoi il faut le mur d'une maison
Mais la mishnah précise de quel mur il s'agit. « Im hayah kosel chatzer o kosel ginah, einah matzlah » : si le panier est appuyé contre le mur d'une cour ou le mur d'un jardin, il ne protège pas. Un tel mur n'est pas considéré comme un ohel pouvant se combiner avec le keli, puisqu'il ne porte aucun toit au-dessus de lui. Sans toit, il n'y a rien ici que l'on puisse appeler une association entre le keli et les parois d'un ohel.
Ainsi, le même panier exactement, sur les mêmes pattes, avec la même toumah en dessous, donne deux résultats opposés : appuyé contre le mur d'une maison couverte, les keilim qui s'y trouvent sont tehorim ; appuyé contre le mur d'une cour ou d'un jardin, les keilim qui s'y trouvent sont teméim.
La poutre et la marmite suspendue
Vient un second cas : « korah shehi nesunah mikosel lekosel ukedeirah teluyah bah ». Une poutre a été posée d'un mur au mur d'en face, par exemple en travers d'un mavoui, entre les bâtiments de part et d'autre (cette image est simplement plus facile à se représenter ; qu'il s'agisse ou non d'une ruelle ne change rien à la halakhah). Ce genre de poutres nous est familier depuis massekhes Erouvin. À la poutre est suspendue une marmite de terre cuite, l'ouverture vers le haut, pendant si près en dessous qu'elle la touche presque, mais pas tout à fait.
« Tumah tachteha » : il y a de la toumah sous la marmite. Quel est le statut des keilim déposés dans la kedeirah ? Ici, les Tannaïm divergent.
« Rabbi Akiva metaher » : Rabbi Akiva déclare ces keilim tehorim. La poutre tendue entre les deux murs a le statut d'un ohel, et la marmite en est assez proche pour que nous la considérions comme agissant de concert avec la paroi de cet ohel.
« VaChachamim metam'in » : les Hakhamim tranchent qu'ils sont teméim. Puisque la marmite n'est pas réellement attachée à l'ohel et qu'il subsiste un peu d'air entre les deux, ils ne voient pas là un keli agissant de concert avec les parois d'un ohel. Pour eux, rien de moins qu'un contact effectif ne suffit.
Cerner la mahlokes
Il vaut la peine de délimiter cette mahlokes. Si l'ouverture de la marmite était véritablement jointe à la poutre à laquelle elle est suspendue, et non seulement pendante en dessous, tous s'accorderaient à dire que son contenu est tahor : un tel keli agit manifestement en association avec les parois d'un ohel. Et si l'ouverture de la marmite se trouvait un tefach entier plus bas que la poutre, tous s'accorderaient à dire qu'elle ne protège absolument rien.
Le désaccord se limite au cas intermédiaire, où la marmite pend sous la korah à une distance de moins d'un tefach. Rabbi Akiva soutient que là encore nous pouvons considérer la marmite comme rattachée à l'ohel et traiter les deux comme agissant ensemble pour protéger le contenu, puisque tout intervalle de moins d'un tefach est tenu pour fermé. Les Hakhamim soutiennent qu'il n'existe ici aucune véritable association avec les parois d'un ohel : sans jonction réelle, il n'y a pas d'association du tout, et un keli agissant seul n'a pas le pouvoir de protéger ce qu'il contient.
Résumé
Notre mishnah nous a donné deux cas où la règle selon laquelle un keli doit agir de concert avec un ohel s'applique à l'extérieur de la maison et non à l'intérieur.
- Un grand panier incapable de recevoir la toumah, dressé sur des piquets avec de la toumah en dessous : à condition qu'il touche une maison, une maison précisément, puisqu'une maison est couverte d'un toit, les keilim qui s'y trouvent restent tehorim.
- Une poutre tendue entre deux murs, avec une marmite de terre cuite suspendue à elle et de la toumah sous la marmite : si l'ouverture de la marmite touche effectivement la poutre, tous s'accordent à dire que son contenu est tahor ; s'il y a un tefach entier d'écart, tous s'accordent à dire qu'il est tamei ; et lorsque l'écart est inférieur à un tefach mais sans contact, Rabbi Akiva tranche tahor, car à ses yeux la marmite se combine encore avec la poutre, tandis que les Hakhamim tranchent tamei, car sans jonction véritable le keli reste seul et ne peut pas protéger ce qui est en lui.