Ohalos, chapitre 13, michna 6. Ce chapitre traite des fenêtres et des autres ouvertures pratiquées dans un mur, ainsi que de la mesure d'un tefa'h carré. Une toumah qui se trouve dans une pièce passe, par une ouverture mesurant un tefa'h dans chaque direction, vers la pièce voisine. Si l'on place quelque chose dans cette ouverture, de sorte qu'il n'y reste plus un tefa'h carré libre, la toumah est retenue. Toute la question est donc de savoir sur quels objets on peut compter pour diminuer l'ouverture et sur lesquels on ne peut pas. La michna précédente énumérait les choses qui la diminuent effectivement ; la nôtre retourne la pièce : eilou che'einan mema'atin, voici les objets qui ne réduisent pas la mesure. Les mefarchim font remarquer que cette liste n'est pas simplement la précédente prise à l'envers : chaque membre de phrase apporte son propre 'hidouch.
Un os et un morceau de chair
« Ein ha'etsem mema'et », un os ne réduit pas l'ouverture, « al yedei atsamos », lorsqu'il se trouve face à des os. Un os plus petit qu'une se'orah ne porte pas de toumah par lui-même, et pourtant il ne rétrécira pas la fenêtre si ce qui est tamé à l'intérieur est un amas d'os. Au lieu de faire office de cloison, ce petit os se rattache aux os qui sont dans la pièce et devient une partie de la toumah.
« Velo bassar al yedei bassar. » La chair se comporte de la même manière. Un morceau de chair de mes de moins d'un kazayis n'est pas metamé par lui-même, et pourtant il ne fera pas descendre l'ouverture en dessous de la mesure requise lorsque ce qui remplit la pièce est de la chair de mes. Il se joint au reste et ne fait plus qu'un avec lui.
« Velo kazayis min hames, velo kazayis min hanevelah. » Ici, l'objet coincé dans la fenêtre est lui-même tamé : un kazayis de chair de mes, ou un kazayis de nevelah. Chacun est une toumah à part entière, et une chose tamé ne peut jamais constituer une 'hatsitsah contre la toumah ; la fenêtre n'est donc pas réduite.
« Velo ka'adachah min hachérets. » De même pour la mesure d'une lentille d'un chérets mort, mesure à partir de laquelle un chérets est metamé. C'est là aussi une toumah, et une toumah ne peut pas arrêter la toumah.
De la nourriture placée dans l'ouverture
« Velo kabeitsah o'hlin. » Un kabeitsah est la quantité à partir de laquelle un aliment contracte la toumah au niveau de la Torah, et aussi la quantité à partir de laquelle cet aliment transmet la toumah plus loin. Puisqu'il est susceptible de devenir tamé, il n'est pas apte à rétrécir l'ouverture. La plupart des mefarchim comprennent que la michna parle d'un aliment déjà hou'hchar, humecté par l'un des sept liquides ; sans cela, l'aliment ne pourrait de toute façon pas recevoir la toumah.
« Velo tevouah cheba'halonos. » Du grain dont les racines ont pris à l'intérieur de la fenêtre ne la réduit pas. Dans la michna précédente, il s'agissait de végétaux enracinés à distance du mur, qui envoient leurs branches par-dessus et jusque dans l'ouverture, et de tels végétaux, on peut très bien les laisser en place. Mais du grain enraciné à l'intérieur d'une fenêtre, personne ne le tolère, car des racines dans un mur abîment le mur, et le propriétaire va certainement les arracher. Voici un yessod à retenir : tout ce qu'une personne n'a pas l'intention de laisser en place ne bloque pas la toumah.
« Velo 'ho'hai che'ein bo mamach. » Les toiles d'araignée sont de plusieurs sortes : certaines sont assez denses pour tenir ensemble, d'autres si fines qu'un simple contact les disperse. Notre michna parle de la variété fragile. Elles n'ont aucune 'hachivous, et on ne peut pas dire qu'elles bouchent la fenêtre.
La nevelah d'un oiseau
« Velo nivlas ha'of hatahor che'hichav alav. » Le mot « tahor » dans ce membre de phrase n'a rien à voir avec la toumah et la taharah ; il désigne un oiseau permis à la consommation. Dès lors qu'une personne a eu l'intention de manger cette nevelah, celle-ci acquiert le statut d'o'hel et reçoit la toumas o'hlin ; étant tamé, elle ne peut plus faire barrage à la toumah.
« Velo nivlas of tamé che'hichav alav vehou'hcherah. » Ici encore, « tamé » qualifie un oiseau interdit à la consommation. Une telle nevelah perd son pouvoir de rétrécir la fenêtre seulement si deux conditions sont réunies : une personne a pensé à la manger, et elle a également subi un he'hcher, un contact avec un machkeh parmi les chiva machkin. (Combien de personnes doivent l'estimer ainsi pour qu'une chose devienne un aliment, et en quoi consiste cette pensée, nous le rencontrerons plus loin, be'ezras Hachem yisbara'h.)
Des fils atteints d'un néga, et une brique de terre d'un champ labouré
« Velo hachessi veha'érev haminouga'im. » Les chessi sont les fils de chaîne, qui courent dans la longueur et sont en général les plus fins ; les érev sont les fils de trame, qui courent en travers et sont un peu plus épais. Haminouga'im : ces fils filés, qui attendent encore le métier à tisser, ont été atteints de la toumas tsara'as, un sujet que nous étudierons longuement dans Masse'hes Nega'im. Puisqu'un néga les a rendus tamé, ils ne réduisent pas la mesure, même s'ils remplissent physiquement la fenêtre et qu'il n'y reste plus un tefa'h carré libre. Un objet tamé est tout simplement incapable de remplir cette fonction. À noter au passage : un néga est pratiquement la seule voie par laquelle des fils deviennent tamé.
« Velo levenah mibeis haperas, divrei Rabbi Meïr ; va'ha'hamim omrim : halevenah mema'étes, mipnei che'afarah tahor. » Qu'est-ce qu'un beis haperas ? Un champ qui contenait autrefois un kever et qui a ensuite été labouré, si bien que des fragments ont pu y être dispersés. Au niveau de la Torah, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, puisque nous partons du principe que les os ont été pulvérisés et que rien de la taille d'une se'orah n'a subsisté, et un fragment plus petit que cette mesure ne transmet pas la toumah. Les 'Ha'hamim ont néanmoins décrété que la terre d'un tel champ est metamé par le contact et par le portage, de peur qu'un os d'un kesse'orah ne s'y trouve. Les briques étaient fabriquées à partir de terre, et ici quelqu'un a préparé son mélange et façonné une brique avec de la terre prise dans ce champ labouré. Rabbi Meïr soutient que le décret rabbinique s'étend même à la terre meuble et ne se limite pas à un gouch, une motte compacte ; la brique est donc tamé et ne peut pas arrêter la toumah. Les 'Ha'hamim estiment que le décret n'a porté que sur un gouch, un bloc compact, et non sur de la poussière émiettée. Une brique formée de cette poussière est par conséquent tehorah et réduit bel et bien l'ouverture, « mipnei che'afarah tahor ».
Le klal
« Zeh haklal : hatahor mema'et, vehatamé eino mema'et. » Tout ce qui est tahor, dès lors qu'il est placé dans la fenêtre de telle façon qu'il reste réellement moins d'un tefa'h carré ouvert, diminue la mesure, et la toumah reste où elle est au lieu de passer d'une maison à l'autre. Tout ce qui est tamé ne le fait pas, et cela comprend à la fois un objet qui est lui-même une toumah et un objet susceptible de recevoir la toumah.
Une question mérite qu'on y revienne. Pourquoi la pensée seule suffit-elle à disqualifier la nevelah d'un oiseau permis, sans qu'aucun he'hcher ne soit exigé, alors que la nevelah d'un oiseau interdit requiert à la fois la pensée et le contact avec un liquide ? Parce que la nevelah d'une espèce cachère possède en elle-même un pouvoir latent de toumah : la toucher ne rend pas tamé, mais celui qui l'avale devient tamé d'une toumah sévère, à tel point qu'un keli qu'il tient en main à ce moment-là devient tamé. Nous verrons cela plus en détail plus loin dans les Michnayos, be'ezras Hachem yisbara'h. Le principe est que tout o'hel capable d'engendrer une telle toumah 'hamourah devient tamé même sans he'hcher, même si aucun liquide ne l'a jamais atteint. La nevelah d'un oiseau non cachère ne porte aucune toumas nevelah, et c'est pourquoi elle a besoin des deux : la pensée qui en fait un aliment, et le he'hcher qui l'ouvre à la toumah.