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Ohalos, chapitre 11, Michna 5 : un homme allongé sur le seuil

Ohalos, chapitre 11, michna 5. Cette michna présente le troisième et dernier des cas dans lesquels Beis Chamaï et Beis Hillel débattent d'une seule et même question : le corps d'une personne vivante peut-il faire office d'ohel, une tente qui propage la toumah ? Ici, la scène se passe dans une entrée, et l'homme qui y est allongé ne se trouve pas au-dessus du meis mais en dessous de lui.

"Haya adam moutal al ha'ouskoufah" : un homme s'est étendu en travers du seuil d'une maison. Quelle qu'en soit la raison (la Michna nous laisse l'imaginer), il s'est installé la tête posée sur l'ouskoufah, la pierre du seuil, le reste du corps s'avançant vers l'intérieur par l'entrée. "Vehe'elou alav kovrei hameis" : un convoi funèbre arrive en portant un meis et, au lieu de faire un détour pour l'éviter, on soulève le meis et on le fait passer directement au-dessus de lui, qui ne bouge pas. Imaginez ce qu'il voit d'en bas : la civière qui glisse juste au-dessus de son visage.

Comment la Michna tranche-t-elle ? Le verdict de Beis Chamaï est formulé ainsi : "eino mévi es hatoumah", rien n'est conduit à l'intérieur. Beis Hillel répondent "mévi es hatoumah", la toumah pénètre bien à l'intérieur.

Ce sur quoi le débat ne porte pas

Avant d'examiner le raisonnement, les méforchim insistent sur un préalable. La chair et le sang ne constituent pas une 'hatsitsah, une barrière qui arrête la toumah. Il s'ensuit que la toumah du meis qui passe descend droit à travers lui, et que l'espace aérien situé juste en dessous de l'endroit où il est couché devient tamé. Sur ce point, les deux maisons sont d'accord. Ce qui frappe, c'est le renversement par rapport au cas précédent : là, l'homme vivant était posté au-dessus du meis, alors qu'ici c'est le meis qui voyage au-dessus de l'homme vivant.

La question posée

Ce que la Michna veut savoir, c'est l'étape suivante. Admettons que la toumah soit descendue et se soit emparée de l'espace situé sous lui : va-t-elle maintenant se glisser le long de son corps, par en dessous, et s'introduire dans la maison dont son propre corps remplit l'entrée ?

Beis Chamaï répondent que non. À leurs yeux, le tronc d'une personne forme une masse de matière indivise, pleine du dos jusqu'au ventre. Puisque rien ne sépare le haut du bas, il n'existe sous la moitié supérieure de son corps aucun creux qui pourrait compter comme couverture, et donc aucun ohel ne s'est formé. La toumah arrivée sous lui reste bloquée là ; elle ne progressera pas vers l'intérieur par l'entrée, bien qu'une partie de lui soit dehors et une partie dedans.

Beis Hillel répondent que oui. Ils considèrent la moitié supérieure et la moitié inférieure du corps comme deux entités distinctes, ce qui signifie qu'un espace d'un téfa'h reste ouvert sous la partie supérieure de son gouf. Cet espace fait de lui un toit : étalé sur le seuil, il a produit un ohel dont il est lui-même la couverture. La toumah du meis entre dans cet ohel et, une fois entrée, elle chemine sous lui et atteint l'intérieur de la maison.

Récapitulatif des trois cas

Avec cette michna s'achève la série des trois hékhi timtsa, trois situations concrètes dans lesquelles une seule et même ma'hlokès est mise en œuvre.

  • Le premier cas plaçait la personne tahor et le meis sous une couverture commune.
  • Le deuxième cas mettait en scène un homme étendu à travers une fenêtre, de sorte que son propre corps servait de couverture au-dessus du meis.
  • Le troisième cas inverse la situation : à présent c'est le meis qui est la couverture, et c'est la personne tahor qui est couchée en dessous.

Dans chacun de ces cas, Beis Chamaï soutiennent qu'un corps vivant ne peut pas fonctionner comme un ohel qui transmet la toumah, et Beis Hillel soutiennent qu'il peut. Et pour chacun des trois, les méforchim prennent soin de dégager le 'hidouch particulier en jeu, en expliquant pourquoi cette situation devait être consignée plutôt que déduite des autres.