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Ohalos, chapitre 13, michna 4 : le trou creusé pour un keli précis

Ohalos, chapitre 13, michna 4. Notre chapitre traite des ouvertures percées dans le mur d'une maison, et de la question de la taille que doit atteindre une telle ouverture pour que la toum'a puisse la traverser et atteindre ce qui se trouve de l'autre côté du mur. Le cas qui nous occupe ici est celui d'une ouverture qu'une personne a taillée afin d'y placer un keli bien particulier, et Beis Chamaï et Beis Hillel discutent de la façon de mesurer une ouverture de ce genre.

La michna commence ainsi : « ha'ossé makom lekané ». Une personne creuse un emplacement dans son mur afin d'y ranger son kané, sa tige. De quelle tige s'agit-il ? Le Bartenoura explique qu'il est question de la tige dont se servaient les tisserands dans leur travail. Et pourquoi un tisserand rangerait-il sa tige dans un trou du mur ? Le Tossfos Yom Tov propose une explication séduisante : les tisserands avaient parfois besoin de faire passer la tige d'une pièce à l'autre, et l'on percait donc une ouverture étroite, exactement à la mesure de la tige. Celui qui se tenait d'un côté pouvait appeler : « passe-moi la tige », et au lieu de faire le tour jusqu'à la porte, son compagnon la glissait simplement à travers le trou.

La michna poursuit : « o le'ispati ». Ou bien il a fait le trou afin d'y garder son ispati. Qu'est-ce qu'un ispati ? Le Bartenoura écrit qu'en grec, une épée se dit ispati. Il ne s'agissait cependant pas d'une véritable épée, mais d'un instrument de tisserand ayant la forme d'une épée. Les méfarchim proposent diverses identifications pour ces keilim, mais le point essentiel pour notre halacha reste le même dans toutes les versions : il y a un trou dans le mur, il sert à y placer un keli, et puisque le keli lui-même est bien plus étroit qu'un tefa'h, le trou aussi est plus étroit qu'un tefa'h.

La michna ajoute un troisième cas : « o lener ». Ou bien il a creusé le mur afin qu'une lampe puisse y reposer. La lampe elle-même ne se trouvait pas à l'intérieur de la cavité : son manche était enfoncé dans l'ouverture tandis que la lampe restait à l'extérieur, de sorte que le mur maintenait la lampe stable et que personne n'avait besoin de rester là à la soutenir. Ici encore, les méfarchim suggèrent plus d'une image. Certains estiment que l'ouverture servait à faire passer la lampe dans la pièce voisine, et la Michna A'harona écrit qu'une petite lampe était posée à l'intérieur de l'ouverture même, afin que sa lumière éclaire les deux pièces à la fois. Quelle que soit la façon dont nous le comprenons, cette ouverture aussi mesurait moins d'un tefa'h.

Quelle doit donc être la taille d'une telle ouverture pour que la toum'a franchisse le mur ? Beis Chamaï tranchent : « chiouro kolchehou ». Le terme kolchehou peut avoir le sens de la plus infime quantité, mais ce n'est pas son sens ici. Dans notre michna, kolchehou signifie : la quantité d'espace que réclame précisément cet instrument. La cavité a-t-elle été taillée pour une tige ? Alors l'espace qu'occupe une tige est la mesure qui permet à la toum'a de passer. A-t-elle été taillée pour une lampe ? Alors l'espace qu'occupe une lampe est la mesure. Chaque ouverture est évaluée selon le keli pour lequel elle a été conçue. Ainsi tranchent Beis Chamaï.

Beis Hillel ne sont pas d'accord : « Beis Hillel omrim : befossea'h tefa'h ». La mesure est un tefa'h entier.

Les trois catégories de trous

Pour saisir ce qui les sépare, il est utile de se rappeler que les ouvertures dans un mur se répartissent en trois groupes. Celle qui a été faite pour laisser entrer la lumière se mesure d'après la perceuse qui servait au Beis Hamikdach. Celle qui s'est ouverte d'elle-même, que ce soit par l'usure de l'eau ou parce que des chératsim l'ont rongée, se mesure à melo egrof, le contenu d'un poing. Et celle qui a été faite parce que le propriétaire voulait s'en servir d'une manière ou d'une autre se mesure à possea'h tefa'h.

Beis Chamaï admettent qu'une ouverture destinée à un usage porte d'ordinaire la mesure de possea'h tefa'h ; leur affirmation est que lorsque le propriétaire a façonné la cavité autour d'un keli désigné, ce sont les exigences de ce keli même qui deviennent sa mesure. Beis Hillel rejettent cela : une ouverture faite pour un usage appartient à une catégorie, et elle reçoit donc la mesure fixe de cette catégorie, possea'h tefa'h, un tefa'h sur un tefa'h, et c'est par cette mesure que la toum'a traverse le mur.

Le cas où tous s'accordent

La michna passe maintenant à une ouverture au sujet de laquelle personne ne discute. Supposons qu'un homme ait percé son mur « lazoun es eino », littéralement pour nourrir son œil, c'est-à-dire pour pouvoir regarder à travers vers la 'hatser ou vers le rechous harabbim ; ou bien « o ledaber 'haveiro », pour pouvoir converser avec son compagnon à travers l'ouverture ; ou encore « o letachmich », pour un usage ordinaire, y poser un keli ou faire passer un keli de l'autre côté. Dans chacun de ces cas, la mesure qui permet à la toum'a de traverser le mur est « befossea'h tefa'h », un tefa'h sur un tefa'h.

Récapitulation

Récapitulons. Là où un homme a taillé une cavité pour un keli désigné, qu'il s'agisse de la tige d'un tisserand, de l'outil des tisserands en forme d'épée, ou d'une lampe, Beis Chamaï la mesurent d'après ce que ce keli exige pour que la toum'a passe, tandis que Beis Hillel soutiennent qu'une ouverture de ce genre relève de la catégorie des ouvertures faites pour y placer et y faire passer des objets, et qu'elle prend donc la mesure fixe de possea'h tefa'h. Et là où l'ouverture n'a pas été faite pour un keli particulier, mais pour qu'une personne puisse regarder vers la 'hatser ou vers le rechous harabbim, ou converser avec son compagnon, ou pour les besoins quotidiens, tous s'accordent que la mesure est d'un tefa'h sur un tefa'h.