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Ohalos chapitre 4, michna 2 : les compartiments à l'intérieur du migdal

Ohalos, chapitre 4, michna 2. Ce chapitre traite d'un migdal, une grande armoire ou un placard dressé dans une maison, et se demande quel rapport il y a entre la toumah qui se trouve à l'intérieur de cette armoire et la maison qui l'entoure, et inversement entre la toumah posée dans la maison et ce qui est rangé dans l'armoire.

Un peu de contexte, tiré du début du chapitre. Le migdal dont il est question est un meuble énorme, assez vaste pour contenir quarante se'ah de liquide, et un récipient de cette taille n'est plus du tout mekabel toumah. L'armoire elle-même ne devient donc jamais tomé. Toute la question porte uniquement sur l'espace d'air qui se trouve à l'intérieur et sur son rapport avec l'espace d'air de la maison. Nous y avons appris la règle de base : si la toumah est à l'intérieur du migdal, la maison devient tomé, car il faudra bien un jour sortir cette toumah, et le seul endroit où elle puisse aller, c'est la maison. Mais si la toumah se trouve dans la maison, tout ce qui est rangé à l'intérieur du migdal reste tahor.

Des compartiments dans l'armoire

La michna nous fait maintenant avancer d'un cran vers l'intérieur, dans le corps même de l'armoire : "teyvas hamigdal", les caissons du migdal. Imaginez un grand placard aménagé avec une série de petits compartiments ou de tiroirs, chacun contenant autre chose : des keilim dans l'un, de la nourriture dans l'autre, de la boisson dans un troisième.

La michna précise soigneusement les mesures de ces compartiments : "yesh bo poseiach tefach", le creux du compartiment mesure un tefach dans chaque direction, soit un tefach cube d'espace. "Ve'ein biyetzi'aso poseiach tefach", mais l'ouverture par laquelle on introduit et retire le contenu n'atteint pas cette mesure d'un tefach carré. Autrement dit, chaque compartiment est bâti sur le modèle d'une boîte aux lettres encastrée dans la paroi de l'armoire : une fente étroite à l'avant, et derrière elle une cavité renfermant un tefach cube.

La décision du Tanna Kamma

Voici la halacha. "Toumah besoycho, habayis tomé" : s'il y a de la toumah à l'intérieur de l'un de ces compartiments, par exemple un kezayis provenant d'un meis, la maison devient tomé. La toumah se répand dans la maison bien que l'ouverture du compartiment soit plus petite qu'un tefach. Pourquoi ? Pour la raison même que nous avons vue à propos du migdal dans son ensemble : la toumah ne peut pas rester là indéfiniment, il faudra la sortir, et elle n'a nulle part où aller sinon dans la maison. Tout ce qui se trouve dans la maison est donc immédiatement tomé.

Mais l'inverse n'est pas vrai. "Toumah babayis, mah shebetoycho tahor" : si la toumah est posée dans la maison et que j'ai des keilim ou de la nourriture rangés dans l'un de ces compartiments à l'intérieur de l'armoire, ils demeurent tahor, car le compartiment n'a pas d'ouverture d'un tefach. Cette fente étroite par laquelle on introduit et retire les objets n'est tout simplement pas assez grande pour servir de passage à la toumah qui voudrait entrer.

Comment une seule et même ouverture peut-elle livrer passage à la toumah qui sort tout en la bloquant à l'entrée ? La michna fournit la règle dans ses propres termes : "shederech hatoumah latzeis ve'ein darko likanes", le chemin naturel de la toumah va vers l'extérieur, non vers l'intérieur. Une toumah logée dans un compartiment est destinée à être évacuée, et si une fente étroite est la seule voie disponible, c'est par là qu'elle passera. Dans l'autre sens, il n'y a aucune raison de s'y attendre. Personne ne prend une toumah qui traîne dans la maison pour aller délibérément la fourrer dans un petit casier. Qu'est-ce qui pousserait quelqu'un à faire une chose pareille ? Ainsi, là où l'ouverture mesure un tefach entier, la toumah la franchit, que cela plaise ou non ; là où l'ouverture n'atteint pas cette mesure, nous tranchons qu'elle ne la franchit pas du tout. Les commentateurs proposent plusieurs explications sur le fonctionnement exact de ce mécanisme, mais la halacha reste telle que la michna l'énonce.

Reb Yossi n'est pas d'accord

Donc, lorsque l'ouverture du compartiment n'atteint pas un tefach et que la toumah se trouve à l'intérieur, la maison est-elle tomé selon toutes les opinions ? La michna ne présente pas la chose comme unanime. "Reb Yossi metaher" : Reb Yossi tranche que la maison reste tahor.

Sa raison : "mipnei sheyochol lehoytzi'o lachatzo'in o lesorfo bimkoymo". Tout le raisonnement du Tanna Kamma reposait sur l'idée que la toumah devra nécessairement sortir dans la maison. Reb Yossi conteste cette idée. Supposons que la toumah soit un kezayis. On peut la diviser alors qu'elle est encore dans le compartiment et la sortir moitié par moitié, et un demi-kezayis n'a pas le chiour nécessaire pour être metamé. Ainsi, rien de ce qui est metamé ne passe réellement dans la maison. Ou bien, qui dit qu'il faut absolument la sortir ? On peut la brûler sur place, à l'intérieur du compartiment.

Puisqu'il existe un mode d'élimination dans lequel soit aucun chiour de toumah ne sort, soit la toumah ne sort pas du tout, Reb Yossi tranche que la maison est tahor. Tout ceci concerne un compartiment dont l'ouverture n'atteint pas la mesure d'un tefach.

Récapitulons

Le grand migdal est équipé de compartiments dont chacun renferme un tefach cube d'espace tout en n'étant desservi que par une fente étroite, en deçà de la mesure requise, pour y déposer et y reprendre des objets. Selon le Tanna Kamma, une toumah placée à l'intérieur d'un tel compartiment rend tomé le contenu de la maison, puisque cette toumah devra fatalement sortir dans la maison ; en revanche, une toumah posée dans la maison ne peut pas s'introduire dans un compartiment dont la fente n'atteint pas la mesure, car le chemin de la toumah va vers l'extérieur et non vers l'intérieur. Reb Yossi répond que l'idée d'une sortie obligatoire n'est pas contraignante : la toumah peut être divisée et sortie par portions trop petites pour être metamé, ou détruite par le feu sur place. À son avis, donc, non seulement le contenu du compartiment est tahor quand la toumah se trouve dans la maison, mais la maison elle-même reste tahor quand la toumah se trouve dans le compartiment, à condition que la fente n'atteigne pas la mesure d'un tefach.