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Ohalos, chapitre 1, mishnah 2 : une chaîne de trois par l'intermédiaire d'un keli

Ohalos, chapitre 1, mishnah 2. Les premières mishnayos de cette masechta comptent jusqu'où la tumah d'un meis peut voyager d'une chose à l'autre, et combien de maillons une telle chaîne peut compter. La première mishnah décrivait une chaîne de deux : Réouven touche le meis, Chimon touche Réouven, et là la ligne s'arrête. Il n'y a pas de Lévi dans ce tableau. Notre mishnah s'interroge à présent sur une chaîne plus longue, de trois maillons, et nous montre le cas dans lequel cela se produit.

La mishnah demande : « Keitzad chelochah ? » Comment arrive-t-on à un décompte de trois ? Et elle répond : « Keilim hanogim bameis », des ustensiles qui touchent un cadavre.

La mishnah pose sa question : « Keitzad chelochah ? » Par quel chemin le compte atteint-il trois ? Sa réponse est brève : « Keilim hanogim bameis », des ustensiles qui entrent en contact avec un cadavre.

C'est ici que se trouve le chiddush de la mishnah. Notre intuition nous dit que le contact avec un cadavre coûte toujours un échelon. Le corps est le degré le plus grave qui existe, avi avos hatumah, si bien que tout ce qui le touche devrait en ressortir un cran plus bas, comme av hatumah. Pour les êtres humains, cette intuition est exactement juste : un homme qui entre en contact avec un cadavre devient av hatumah tandis que le corps conserve son propre degré. Un ustensile, en revanche, suit une autre règle. Le contact avec le cadavre ne lui coûte absolument rien quant à son statut. Il se tient au même niveau que le corps lui-même, au degré d'avi avos hatumah.

D'où la formulation de la mishnah : « Keilim hanogim bameis », les ustensiles en contact avec le cadavre, détiennent le degré même que détient le cadavre, avi avos hatumah. « Vekeilim bekeilim », et un autre ustensile qui reçoit la tumah du premier descend d'un échelon et en ressort comme av hatumah. C'est à cette seconde étape que la baisse de statut s'installe enfin : l'ustensile qui a rencontré le corps se classe à côté de lui comme avi avos hatumah, alors que l'ustensile qui a reçu de lui ne détient pas plus qu'av hatumah.

Ces deux premiers maillons portent tous deux la sévérité pleine : ils sont tamei tumas chivah, tamei pendant sept jours. Cela signifie aussi qu'ils nécessitent le processus de la parah adumah, avec l'aspersion des cendres le troisième jour et le septième jour.

Le troisième maillon

Vient maintenant la troisième étape : « Vehachelichi, bein adam bein keilim, richon letumah utmei tumas erev. » Celui qui vient ensuite dans la chaîne, qu'il s'agisse d'un troisième ensemble de keilim touchant le deuxième ensemble, ou d'une personne qui touche le deuxième keli, est richon letumah et n'est tamei que jusqu'au soir.

Il vaut la peine de récapituler les étapes une par une. La première étape est l'ustensile en contact avec le corps, et son degré est avi avos hatumah. La deuxième étape est l'ustensile qui a reçu de lui la tumah, et qui se tient comme av hatumah. La troisième étape est celui qui vient ensuite, personne ou ustensile supplémentaire, et celui-là détient le degré de richon letumah, tamei pour ce jour seulement, jusqu'à la tombée de la nuit. Les deux premières étapes, détenant les degrés d'avi avos hatumah et d'av hatumah, portent une tumah de sept jours ; la troisième est bien plus légère et ne réclame aucune aspersion des cendres de la parah adumah.

D'où cela est-il appris ?

La question naturelle est : qu'est-ce qui nous enseigne qu'un ustensile en contact avec un cadavre conserve son degré au lieu de descendre comme le fait une personne ? La source est un verset de la Torah : quiconque, en pleine campagne, entre en contact « bachalal cherev o bameis », avec un homme tué par la lame ou avec un cadavre, porte une tumah de sept jours.

À première vue, le mot « cherev », une épée, est superflu. Un cadavre transmet la tumah quelle qu'ait été la cause de la mort, violence ou maladie, et le verset dit de toute façon ensuite « o bameis » explicitement. La lame est nommée afin d'établir une règle : « cherev harei kechalal », l'arme porte le même din que la victime. Chalal désigne un corps dont la nechamah s'est retirée, et le verset place l'épée sur un pied identique au sien : puisqu'un corps vidé de sa nechamah détient le degré d'avi avos hatumah, il en va de même pour la lame qui l'a rencontré.

Cette halachah ne concerne-t-elle qu'une lame au sens littéral ? Le Bartenura soutient que d'autres ustensiles sont également concernés, parmi eux les instruments de bois susceptibles d'être immergés dans un mikveh, et même les vêtements. La terre cuite, un kli cheres, est la seule exception. En dehors d'elle, tout récipient qui entre en contact avec un cadavre détient le degré d'avi avos hatumah. Il y a cependant des Richonim qui limitent cette halachah aux ustensiles de métal.

Récapitulatif

Le cas devant nous est donc celui d'un ustensile (de métal, ou aussi d'autres matériaux selon les avis cités) qui est entré en contact avec un cadavre. Cet ustensile est la première étape, et son degré demeure intact : avi avos hatumah. De là il transmet la tumah à un deuxième ustensile, la deuxième étape, qui redescend à av hatumah. Ce deuxième ustensile atteint à son tour une personne ou un troisième récipient, et celui qui reçoit à la troisième étape, être humain ou ustensile pareillement, est encore tamei mais est descendu à richon letumah. Les deux étapes antérieures, détenant les degrés d'avi avos hatumah et d'av hatumah, portent une tumah de sept jours, tandis que la dernière est tamei pour ce jour seul, jusqu'à ce que le soir tombe.