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Ohalos, chapitre 10, michna 1 : l'arouba dans le toit

Ohalos, chapitre 10, michna 1. Jusqu'à présent, les chapitres de cette massekhta nous ont fait découvrir des termes comme caveras. Voici maintenant un mot nouveau qu'il va falloir apprivoiser : arouba. Une arouba est une lucarne, une ouverture découpée dans le toit d'une maison. Il ne s'agit pas d'une fenêtre vitrée, mais simplement d'un trou dans le plafond par lequel on voit directement le ciel. Tout ce chapitre s'attache à déterminer ce qu'il advient de la toumah, et des kelim qui se trouvent dans la maison, lorsque le toit est ainsi percé.

La michna commence : "arouba shebessokh habayis veyesh ba poteah tefah", une maison dont le toit comporte une arouba, l'ouverture mesurant un tefah dans chaque direction. Cette mesure n'a rien d'accessoire. La halakha ne reconnaît une ouverture comme telle qu'à partir d'un tefah carré ; en dessous, on parle d'une fissure et non d'une véritable brèche dans le toit.

La toumah sous le plafond

Premier cas : "toumah babayis", il y a de la toumas mes dans la maison, et par "dans la maison" la michna entend sous la partie pleine du plafond, et non dans l'espace situé sous l'arouba. La toumah dont il s'agit ici est un fragment de mes qui est metamé b'ohel, c'est-à-dire un kezayis, une quantité suffisante pour transmettre la toumah à tout ce qui partage son ohel.

La halakha est que "keneged haarouba tahor" : tout kli posé sur le sol de la maison exactement sous l'ouverture ne devient pas tamé. Tous les autres kelim de la maison, eux, deviennent tamé, car une toumah qui se trouve sous un toit s'élève et remplit tout l'espace couvert par ce toit. Mais l'endroit situé juste sous l'arouba n'a aucun toit au-dessus de lui. Un kli qui s'y trouve est, du point de vue de la halakha, en plein air, et la toumah qui se répand dans la maison ne l'atteint jamais.

La toumah sous l'arouba

Renversons maintenant la situation. C'est la toumah elle-même qui repose "keneged haarouba", directement sous l'ouverture. Le Bartenoura décrit un tel emplacement par une belle formule : le kli qui s'y trouve roé es pnei harakia, il voit la face du ciel. Les kelim ont-ils des yeux ? Bien sûr que non. L'idée est que si l'on se tenait à la place de ce kli et que l'on levait les yeux, on verrait le ciel ouvert au-dessus de soi, sans rien entre les deux.

Dans ce cas, la michna tranche : "habayis tahor". Tous les kelim posés sous la partie couverte du plafond restent tahor, car la toumah située sous l'ouverture n'a aucun ohel au-dessus d'elle et n'a donc rien par quoi se répandre dans la maison. Et le kli qui se trouve lui-même sous l'arouba, à côté de la toumah, est également tahor, exactement pour la même raison : aucun toit ne surplombe cette toumah, donc aucun ohel ne les réunit tous les deux.

Un pied posé sur l'ouverture

La michna passe à un troisième scénario, qui s'applique de la même manière aux deux cas que nous venons de voir : "hatoumah bein babayis ouvein keneged haarouba", peu importe désormais que la toumah repose sous la partie couverte du plafond ou sous l'ouverture. Un homme se trouve sur le toit et, pour ses propres raisons, il pose son pied en travers de l'arouba, comme le dit la michna : "venasan es raglo milmalah". D'en haut, l'ouverture est bouchée.

La michna déclare qu'il a "eirav es hatoumah", il a mêlé la toumah, réunissant les deux zones en une seule. La maison n'a plus d'arouba en aucun sens utile. Nous ne distinguons plus entre l'espace situé sous l'ouverture et l'espace situé sous le plafond, car en couvrant le trou il a étendu un seul et même toit sur toute la maison. Par conséquent, tous les kelim de cette maison, où qu'ils soient, deviennent tamé, quel que soit l'endroit où gît la toumah. Et l'homme lui-même devient tamé aussi, puisque son pied constitue désormais l'ohel qui surplombe la toumah en dessous.

On parle parfois de quelqu'un qui met les pieds là où il ne faut pas et s'attire des ennuis. Notre michna donne à cette expression une application littérale : cet homme a posé son pied en travers d'une arouba et il en a payé le prix, rendant tamé tous les kelim de la maison en dessous et contractant lui-même la toumah par la même occasion.

Une toumah partagée entre les deux zones

Dernier cas : "miktzas toumah babayis oumiktzasah keneged haarouba", une partie de la toumah est sous le plafond et une partie sous l'ouverture. Imaginez un unique kezayis de chair d'un mes, dont la moitié repose sous le toit et l'autre moitié sous l'arouba.

À première vue, on aurait pu soutenir l'inverse de ce que dit la michna. Sous le plafond il n'y a pas de kezayis complet, et sous l'arouba non plus, donc rien ne devrait peut-être devenir tamé nulle part. Ce n'est pas la halakha. La michna enseigne précisément le contraire : "habayis tamé oukeneged hatoumah tamé". Les kelim situés sous le toit de la maison sont tamé, et un kli placé au-dessus de la portion "en plein air" de la toumah, sous l'ouverture, est tamé également.

Le Bartenoura, à la fin de notre michna, explique le mécanisme en quelques mots : shehazayis nimshakh l'khan oul'khan, le kezayis est étiré de ce côté et de l'autre. Puisque la mesure requise de toumah est constituée par la moitié sous le toit conjointement avec la moitié sous l'ouverture, le tout est traité comme une seule unité. Quiconque forme un ohel sur une partie quelconque de cet ensemble est considéré comme formant un ohel sur le kezayis entier. Il est donc indifférent qu'un kli surplombe la moitié située sous le plafond, ou qu'il se trouve n'importe où ailleurs dans la maison sous le toit, ou encore qu'il surplombe la moitié gisant sous l'arouba. Où que l'on touche cette toumah, on l'a touchée tout entière, et tout devient tamé.

À mesure que les sougyos de ce perek nous deviendront familières, nous pourrons expliquer plus longuement le fonctionnement de cette halakha. À ce stade, il suffit de retenir l'idée de fond : une part dans une chose fait que la chose entière est à vous. Cette pensée porte bien au-delà des lois de la toumah. Choisissez bien les gens auxquels vous vous attachez, et même une part modeste dans le bien qu'ils accomplissent vous sera portée au crédit en totalité. La règle vaut aussi dans l'autre sens, mais sur ce point il n'est pas nécessaire de s'attarder.

Récapitulation de la michna

Une maison a une arouba dans son toit, une ouverture mesurant un tefah dans chaque direction. Si la toumah repose sous la partie pleine du plafond, tous les kelim de la maison contractent la toumah, à une exception près : un kli placé exactement sous l'ouverture, qui n'a aucun toit au-dessus de lui. Si, en revanche, la toumah repose sous l'ouverture, les kelim situés sous le plafond restent tahor, puisque (selon la formule du Bartenoura) un kli placé là voit le ciel au-dessus de lui. Dans l'un et l'autre cas, toutefois, un homme sur le toit qui pose son pied en travers de l'ouverture et la bouche a annulé complètement l'arouba : la toumah, où qu'elle se trouve, se répand désormais dans toute la maison, si bien que tous les kelim deviennent tamé, et l'homme lui-même avec eux. Et lorsque la moitié d'un kezayis se trouve sous le plafond et l'autre moitié sous l'ouverture, le kezayis est étiré à travers les deux zones : un kli situé n'importe où sous le plafond est donc tamé, tout comme un kli qui ne forme un ohel que sur la seule moitié placée sous l'ouverture. Prise isolément, aucune des deux moitiés n'est un kezayis ; réunies, chaque moitié porte le statut de la mesure complète.