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Nidda, chapitre 9, Michna 11 : quand un veses fixe se déplace vers un nouveau jour

Nidda, chapitre 9, Michna 11. Cette michna poursuit la discussion du chapitre sur le veses, le rythme régulier selon lequel les règles d'une femme se présentent. Une femme qui possède un tel rythme doit en tenir compte lorsque le jour attendu revient, et elle se sépare de son mari ce jour-là. La question que traite notre michna est celle du déplacement de ce rythme : le jour qu'elle attendait depuis toujours passe sans rien, et le sang apparaît à une autre date.

Le premier cas concerne une femme dont le sang apparaissait régulièrement le quinze du mois, et qui l'a vu cette fois le vingt. La michna le formule ainsi : elle était "lemudah", habituée par l'expérience, à voir le "yom chamichah assar", le quinzième jour, puis elle a changé, "vechinsah", en voyant le "yom esrim", le vingtième jour. Comment se conduit-elle le mois suivant ? La règle est "zeh vezeh assourim" : aucune des deux dates ne peut être considérée comme sûre. Le quinze continue de l'obliger, puisque cela reste son rythme établi, et le vingt exige désormais lui aussi de la prudence, puisque c'est là que le sang est réellement apparu ; elle et son mari se séparent donc aux deux dates.

Deuxième cas : "Chinsah paamayim leyom esrim" - le changement s'est maintenant répété, et elle a vu le vingt deux fois, alors que son attente d'origine demeure le quinze. Ici encore la règle est "zeh vezeh assourim". Deux occurrences ne suffisent toujours pas à trancher la question dans un sens ou dans l'autre : elle doit donc continuer à se soucier des deux jours et se séparer de son mari le quinze comme le vingt.

Troisième cas : "Chinsah chelochah peamim leyom esrim" - elle a désormais changé pour le vingt à trois reprises. À ce stade, "houtar chamichah assar", le quinze est libéré et ne constitue plus pour elle un jour de souci, "vekavlah yom esrim", et le vingt est devenu son nouveau veses établi.

La michna donne ensuite la règle dont découlent ces trois décisions. D'un côté : "che'ein ichah kovaas lah", qu'une femme ne se fixe pas un "veses", "ad chetikbaenah", tant qu'elle ne l'a pas établi, "chelochah peamim", trois fois. C'est précisément pourquoi le vingt n'était pas encore devenu son jour après une seule apparition, ni même après une deuxième. De l'autre côté : "ve'einah mitaharas min haveses ad chetéaker heimenah chelochah peamim", elle ne se dégage pas d'un rythme qu'elle détient déjà tant qu'il n'a pas été déraciné d'elle à trois reprises, c'est-à-dire tant que la date attendue n'est pas passée sans aucun sang trois fois séparément.

Dès que ces deux moitiés sont placées côte à côte, toute la michna s'éclaire. Un veses se construit par trois, et un veses se défait par trois. Dans l'intervalle, alors que le jour nouveau n'est pas encore construit et que l'ancien jour n'est pas encore entièrement déraciné, elle porte les deux : le jour que son corps promettait autrefois et le jour qu'il vient de choisir.