Nidda, chapitre 6, michna 11. Ce chapitre rassemble une longue série de règles générales, toutes coulées dans le même moule : ce qui est vrai dans un premier cas l'est nécessairement dans un second, alors que le second ne se répercute pas sur le premier. Après avoir appliqué cette formule aux questions de touma et de tahara, puis aux simanim des animaux cachères, la michna l'applique maintenant aux berachos.
Voici le principe lui-même. « Kol hataoun brocha l'a'horav », tout ce qui exige une bénédiction une fois l'acte achevé est également « taoun brocha l'fanav », quelque chose sur quoi l'on récite une bénédiction au départ. Le repas illustre la chose très simplement : puisqu'une personne doit une brocha lorsqu'elle a fini de manger, il va de soi qu'elle en devait une lorsqu'elle s'est mise à table.
Mais la règle ne fonctionne pas dans l'autre sens : « Yèch chetaoun brocha l'fanav v'ein taoun brocha l'a'horav », il existe des choses sur lesquelles nous récitons une brocha avant, et absolument rien après.
De quel genre de choses s'agit-il ? De tout ce qui relève d'un dvar mitzva. On prend le loulav et on récite une brocha avant d'accomplir la mitzva, et une fois la mitzva accomplie, on ne dit plus rien. Il en va de même pour la sonnerie du chofar, pour la pose d'une mezouza, pour la mise des tefillin, et pour les autres mitzvos semblables. Chacune d'elles s'ouvre par une brocha, et aucune d'elles ne se referme par une brocha.
Le lien entre les deux berachos est donc à sens unique. Une brocha après l'acte prouve qu'il y a eu une brocha avant lui, tandis qu'une brocha avant l'acte ne prouve rien quant à ce qui suit.