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Nidda, chapitre 6, michna 10 : écailles et nageoires, cornes et sabots

Nidda, chapitre 6, michna 10. Tout ce chapitre est bâti sur une longue série de règles générales, chacune formulée de la même manière : ce qui possède telle caractéristique possède également telle autre, sans que l'inverse soit forcément vrai. La michna a appliqué ce schéma à des questions de touma et de tahara, et voici qu'elle le tourne vers deux simanim bien connus de la cacherout : les signes du poisson cachère et ceux de l'animal cachère.

La première des deux règles parle des poissons. "Kol chéyéch lo kaskéssèt", tout poisson qui porte une écaille, "yéch lo snapir", se trouvera posséder aussi une nageoire. L'inverse, en revanche, ne se vérifie pas : "Véyéch chéyéch lo snapir", il existe des poissons pourvus d'une nageoire, "véein lo kaskéssèt", sur lesquels on ne trouve aucune écaille.

L'arrière-plan de tout cela, c'est le siman qui nous permet d'identifier un poisson cachère : il lui faut à la fois une nageoire et une écaille. Or, puisque les écailles n'apparaissent jamais seules, un poisson chez qui l'on trouve des écailles a du même coup, et de façon certaine, des nageoires : il est cachère. Les nageoires, elles, ne nous apprennent rien par elles-mêmes, car quantité de poissons portent des nageoires sans la moindre écaille. Le signe ne fonctionne que dans un sens.

La michna applique ensuite exactement le même schéma aux animaux terrestres : "Kol chéyéch lo karnayim, yéch lo telafayim", tout animal qui a des cornes a aussi des sabots fendus. "Véyéch chéyéch lo telafayim véein lo karnayim", et il existe des animaux aux sabots fendus qui n'ont pas de cornes.

Ici encore, l'intérêt pratique de la règle tient à ce que nous cherchons. Ce qui nous importe, c'est le sabot fendu, l'un des simanim de l'animal cachère. La michna enseigne que les cornes constituent un indice fiable : un animal qui porte des cornes a assurément aussi des sabots fendus. Mais l'indice ne se renverse pas. Le sabot fendu, lui, ne témoigne pas de la présence de cornes, puisqu'il existe des animaux dont les sabots sont fendus et dont la tête ne porte aucune corne.

Dans les deux moitiés de la michna, donc, une caractéristique garantit l'autre tandis que l'autre ne garantit rien, et cette relation à sens unique est précisément la forme que prend chacune des règles de ce chapitre.