Nidda, chapitre 5, michna 8. Ce chapitre suit les étapes par lesquelles un enfant devient adulte, ainsi que les halakhos qui changent au fil de ce parcours. Notre michna donne à ces étapes une image facile à retenir, tirée d'une chose que tous ceux qui écoutaient, dans le monde de la Michna, avaient déjà vue mûrir sur un arbre.
Les trois stades de la figue
"Machal machlou 'hakhamim ba'icha : pagga, bo'hal, vetsemel." Les 'Hakhamim ont comparé les trois étapes du développement physique d'une femme aux trois stades de maturation d'une figue. La pagga est une figue encore verte. Le bo'hal est une figue qui a commencé à mûrir mais qui n'a pas achevé sa maturation. Le tsemel est une figue parfaitement mûre.
Ce que représente chaque stade
"Pagga, od tinokes." La figue verte correspond à une fille qui est encore une enfant, avant l'apparition du moindre signe de maturité.
"Bo'hal, elou yemei ne'ourèha." La figue au premier stade de sa maturation correspond au début de son adolescence, la période que la Michna appelle ses jours de na'arous.
Les droits du père durant les deux premiers stades
"Bazo ouvazo, aviha zakaï bimtsi'assah ouvéma'assé yadèha ouvéhafarass nedarèha." Pendant ces deux stades, aussi bien les années de l'enfance que les premières années de l'adolescence, son père conserve trois droits. Il a droit à ce qu'elle trouve, il a droit à ses gains et au produit du travail de ses mains, et il a le pouvoir d'annuler ses vœux.
Tsemel : la fin de l'autorité du père
"Tsemel, keivan chébagra, chouv ein le'aviha rechouss bah." Dès qu'elle atteint la pleine maturité, le stade qui correspond à la figue entièrement mûre, les droits de son père cessent complètement. Il ne peut plus réclamer ce qu'elle trouve ni ce qu'elle gagne, et il n'a plus le pouvoir d'annuler ses vœux. Elle ne dépend plus que d'elle-même.
Ce machal mérite qu'on s'y arrête. Le mûrissement n'est pas un événement mais un processus : une figue ne passe pas d'un coup de la dureté verte à la douceur tendre. Les 'Hakhamim ont choisi cette image précisément parce que grandir fonctionne de la même manière, par étapes identifiables, chacune portant ses propres conséquences halakhiques jusqu'à ce que la maturité soit achevée.