Nidda, chapitre 6, michna 7. Cette partie du chapitre enchaîne une série de règles générales, toutes construites de la même façon : d'abord une catégorie qui entraîne automatiquement une seconde obligation, puis la formulation inverse, qui ne se vérifie pas. Ici, la michna applique ce schéma à deux des mitsvos agricoles : la péa et les maasros.
La michna énonce : "Kol chéhayav bepéa hayav bemaasros" (tout ce qui est soumis à la péa est soumis aux maasros). La péa est la mitsva de laisser un coin de son champ au moment de la récolte pour les aniyim, les pauvres. Toute récolte comprise dans cette obligation est automatiquement comprise aussi dans l'obligation des maasros, c'est-à-dire qu'il faut en prélever un dixième. Dès qu'une récolte est soumise aux lois de la péa, les lois du prélèvement de la dîme la suivent d'office.
Vient maintenant la seconde partie : "Véyéch chéhayav bemaasros vé'eino hayav bepéa" (et il y a ce qui est soumis aux maasros sans être soumis à la péa). Inverser l'énoncé ne donne pas une règle exacte. Certaines récoltes sont bel et bien soumises au prélèvement du dixième, et pourtant la mitsva de laisser une part au bord de son champ pour les pauvres ne s'y applique en aucune façon.
C'est le cas de certains légumes et de certains fruits. Ils sont pleinement hayav en maasros, et il faut en prélever un dixième, mais ils ne sont pas hayav en péa.
On obtient ainsi un seul principe énoncé de ses deux côtés : les maasros forment l'obligation la plus large, et la péa y est contenue. Tout ce qui est soumis à la péa est soumis aux maasros, tandis que toute une série de produits est soumise aux maasros sans jamais être soumise à la péa.