Nidda, chapitre 6, michna 5. Cette partie du chapitre est consacrée à des règles présentées par paires, toutes construites sur un même schéma : celui qui est apte à une première chose est automatiquement apte à une seconde, alors que celui qui est apte à la seconde n'est pas nécessairement apte à la première. Notre michna applique ce schéma au tribunal, d'abord aux juges, puis aux témoins.
La michna s'ouvre par les mots "Kol haroui ladoun dinei nefachos" : quiconque possède la qualification requise pour siéger dans un beis din qui juge des dinei nefachos, les affaires capitales, où la vie même de l'accusé dépend du verdict, est par ce fait même "roui ladoun dinei mamonos", apte à trancher également les dinei mamonos, les litiges d'argent et de biens.
Et voici l'autre direction : "Veyeich chéroui ladoun dinei mamonos veéino roui ladoun dinei nefachos." Il existe des personnes qui sont bel et bien qualifiées pour juger des affaires d'argent, et pourtant ces mêmes personnes ne sont pas qualifiées pour juger des affaires capitales. L'aptitude aux dinei nefachos inclut toujours l'aptitude aux dinei mamonos, mais l'aptitude aux dinei mamonos n'inclut pas toujours l'aptitude aux dinei nefachos.
La michna poursuit avec une seconde paire, qui relie cette fois le rôle du juge à celui du témoin : "Kol hakacher ladoun, kacher lehoid." Quiconque est apte à siéger comme juge est également apte à servir de témoin devant le beis din.
Ici encore, la michna complète le schéma : "Veyeich chékacher lehoid veéino kacher ladoun." Il existe des personnes parfaitement aptes à témoigner et qui, malgré cela, ne sont pas aptes à siéger comme juges.
La michna nous donne donc deux règles à sens unique. La qualification pour le rôle le plus exigeant, juger des affaires capitales dans le premier cas et juger tout court dans le second, entraîne avec elle la qualification moindre, tandis que la qualification pour le rôle moindre reste limitée à elle-même et ne remonte pas vers le haut.