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Nidda, chapitre 8, Michna 4 : Rebbi Akiva et l'indulgence des kesamim

Nidda, chapitre 8, Michna 4. Ce chapitre traite de la femme qui découvre une tache de sang (un kesem) sur son vêtement, et des situations dans lesquelles une telle tache la rend tmeïa ou, au contraire, la laisse tehora. Notre michna rapporte un épisode qui montre jusqu'où nos 'Hazal étaient prêts à aller pour trouver, dans ces cas, une issue indulgente.

L'épisode

La michna s'ouvre sur un cas réel : « Maassé beicha a'hat », il arriva qu'une certaine femme, « chebaas lifnei Rebbi Akiva », vint se présenter devant Rebbi Akiva pour obtenir une décision. Voici ses paroles : « Amra lo : raïti kesem », elle lui rapporta qu'une tache de sang était apparue sur son vêtement.

Rebbi Akiva lui répondit par une question : « Chema maka hayta ba'h ? » Peut-être avais-tu une plaie, de sorte que l'on puisse supposer que le sang en provient ? « Amra lo : hen, ve'haysa. » Elle répondit que oui, elle avait bien eu une plaie, mais que celle-ci s'était déjà refermée.

Rebbi Akiva insista : « Chema ye'hola lehigalot ulehotsi dam ? » Peut-être la plaie n'est-elle pas entièrement fermée, et peut-elle encore se rouvrir et laisser échapper du sang ? « Amra lo : hen. » Elle reconnut que c'était effectivement possible, et qu'une telle plaie pouvait bien être la source du sang qu'elle avait trouvé.

« Vetihara Rebbi Akiva. » Sur cette base, Rebbi Akiva la déclara tehora.

L'étonnement des élèves

La michna poursuit : « Raa talmidav », Rebbi Akiva vit ses talmidim, « mistaklim zé bazé », se regarder les uns les autres. Ces regards parlaient d'eux-mêmes : ils étaient surpris que tant de questions aient été posées à cette femme avant que l'on puisse aboutir à un verdict de tahara.

Il s'adressa donc à eux : « Amar lahem : ma hadavar kaché beeineikhem ? » Qu'y a-t-il ici qui vous heurte à ce point ? Et il expliqua : « Chelo amrou 'hakhamim hadavar », les 'hakhamim n'ont pas légiféré en ce domaine « leha'hmir, ela lehakel », dans le but d'ajouter des restrictions, mais bien dans le but d'alléger. Chercher la lecture indulgente ne va pas à l'encontre de ce qu'ils ont institué : c'est précisément l'accomplir.

La source dans le passouk

Rebbi Akiva ancra ce principe dans un passouk : « chenéémar, veicha ki tihyé zava », et une femme qui a un écoulement, « dam yihyé zova bivsara », ce qu'elle laisse écouler sera du sang dans son corps. Cette formulation permet de déduire « dam velo kesem » : la toum'a de la Torah s'attache au sang en tant que tel, et non à une marque laissée sur un vêtement. Le statut d'un kesem découle donc des Sages, et non du passouk.

C'est pour cette raison que, s'agissant des taches de sang trouvées sur les vêtements, nous cherchons délibérément des motifs d'être meïkil plutôt que des raisons d'être rigoureux. L'insistance de Rebbi Akiva à interroger cette femme n'était pas un effort inhabituel : c'était la manière naturelle de traiter une loi dont toute la raison d'être est l'indulgence.