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Nidda, chapitre 2, michna 4 : que veut dire "un certain temps après" ?

Nidda, chapitre 2, michna 4. Cette michna poursuit une discussion entamée dans la précédente, qui traitait de la bedika, l'examen interne qu'une femme effectue après les relations conjugales. Là, la halakha dépendait du moment où cet examen avait eu lieu. A-t-il été fait immédiatement ? Alors on présume que le sang présent sur le linge s'y trouvait déjà pendant les relations, avec toutes les rigueurs qui en découlent. A-t-il été fait le'a'har zman, après qu'un certain laps de temps s'est écoulé ? Alors la toum'a du mari et de la femme ne repose que sur un doute, missafek, et aucune obligation de 'hatas ne pèse sur l'un ni sur l'autre, car nous n'avons aucun moyen d'établir que le sang était présent au moment où ils étaient ensemble.

Naturellement, cela nous laisse en attente d'une définition, et c'est précisément par là que commence notre michna : "Eizehou a'har zman ?" Quelle durée d'attente transforme une bedika en examen tardif ?

La mesure que fournit la michna ne se lit pas sur une horloge mais se tire du comportement quotidien : "Kedei chetered min hamita vessadia'h paneha" : le temps qu'il lui faut pour descendre du lit et se rincer le visage. Le mot "visage" est employé ici comme une manière de parler pudique ; l'intention est qu'elle se lave. Dès qu'un tel intervalle s'est écoulé, nous ne qualifions plus l'examen d'immédiat. Le sang trouvé sur le linge a pu sortir durant ces instants mêmes, après la fin des relations, et non avant. Puisqu'aucune des deux possibilités ne peut être écartée, la toum'a qui s'attache à tous deux n'est qu'une toum'a de doute, et il n'y a pas de 'hatas.

Ensuite la michna passe à un délai plus long avec les mots "ve'a'har ka'h" : et si la bedika a été faite encore plus tard que cela ? Si elle trouve alors du sang, elle devient teme'a me'ess le'ess, rétroactivement pour les vingt quatre heures précédentes, selon les principes de la toum'a rétroactive exposés plus haut dans ce perek. Néanmoins, "eina metam'a ess bo'ala" : son mari n'est pas entraîné dans cette toum'a avec elle. Et il va sans dire qu'aucun des deux ne doit de 'hatas.

Rabbi Akiva conteste cette dernière décision. "Rabbi Akiva omer : af metam'a ess bo'ala" : selon lui, la toum'a rétroactive s'étend aussi au mari, qui devient tamé en même temps qu'elle. La Guemara souligne toutefois que nous ne tranchons pas ainsi. La halakha suit le tana kama, la première opinion de la michna : la toum'a rétroactive de vingt quatre heures ne concerne qu'elle seule.

La michna se termine en dégageant un terrain d'entente entre les deux positions : "Oumodim 'hakhamim leRabbi Akiva bero'a kessem, chemetam'a ess bo'ala." Lorsqu'une femme trouve un kessem, une tache de sang sur un linge, les 'hakhamim concèdent le point de Rabbi Akiva. Une tache de ce genre l'interdit à son mari, et s'ils ont été ensemble après qu'elle l'a vue, la toum'a ne reste pas la sienne seulement : lui aussi devient tamé.

Ce qui ressort de cette michna, c'est la précision avec laquelle la halakha mesure le temps écoulé. Les brefs instants nécessaires pour se lever du lit et se laver suffisent à faire sortir un cas du domaine de la certitude pour le faire entrer dans celui du doute, et une attente encore plus longue le déplace davantage, limitant la toum'a rétroactive à la femme et laissant son mari en dehors.